Européennes: Maréchal "ouvre la porte" à Bardella qui la referme et l'appelle à "venir aider" le RN

Après un duel à fleuret moucheté le week-end dernier, Jordan Bardella et Marion Maréchal haussent le ton. Toutes deux têtes de liste de leur mouvement pour les élections européennes, ces deux figures de Reconquête et du Rassemblement national tentent de pousser leur avantage.

"Si aujourd'hui Jordan Bardella est prêt à travailler et à se mettre autour de la table avec des gens de LR comme François-Xavier Bellamy", "moi j'ai envie de dire 'allons-y'", a lancé Marion Maréchal ce mardi sur France 2, assurant que sa "porte était ouverte".

L'appel de Bardella à venir "aider les patriotes"

Avant de citer également parmi la liste des élus avec qui s'associer la députée européenne LR Nadine Morano ou encore Julien Aubert, un temps voisin de circonscription de l'ex-députée du Vaucluse.

La réponse de Jordan Bardella n'a pas tardé.

"Est-ce qu'Éric Zemmour et Marion Maréchal, plutôt que de se présenter contre nous, ne devraient pas plutôt venir aider les patriotes à gagner les prochaines élections?", a lancé quelques minutes plus tard le patron du RN sur RTL.

Le pari de Marion Maréchal

Le député européen, qui partage bien des points communs avec Marion Maréchal, de sa jeunesse à son admiration pour le Premier ministre hongrois Viktor Orban, a encore jugé la candidature de sa concurrente "totalement contreproductive".

Les deux candidats ont beau ne pas boxer dans la même catégorie - un sondage IFOP pour le Journal du Dimanche donne ainsi 25% à Jordan Bardella contre 6,5% pour Marion Maréchal -, leurs campagnes peuvent réciproquement se faire du mal.

Si la nièce de Marine Le Pen ne parvient pas à dépasser le seuil des 5% et donc à entrer au Parlement européen, son destin politique semblera très compromis. L'ex-députée RN s'est d'ailleurs beaucoup abîmée ces dernières années.

L'espoir François-Xavier Bellamy

Après avoir choisi de ne pas se représenter aux législatives en 2017, Marion Maréchal a lancé une école qui n'a jamais vraiment décollé et se retrouve aujourd'hui dans une situation financière chaotique.

Autant dire qu'elle joue gros sur cette élection, tout comme Reconquête qui ne dispose que de deux députés européens comme représentants électifs, élus sous l'étiquette RN avant de rejoindre Éric Zemmour. De quoi pousser la trentenaire à espérer que François-Xavier Bellamy, probable tête de liste de la droite, puisse la rejoindre pour gagner en poids politique.

Du côté de Jordan Bardella, qui compte bien faire de ce scrutin une rampe de lancement vers l'Elysée pour Marine Le Pen, pas question de perdre quelques précieux points au profit de Reconquête. Son objectif est de passer devant la majorité présidentielle le soir des résultats des élections européennes.

Des retraits de candidatures très hypothétiques

Cet affrontement à distance a cependant des allures de poker menteur. Au RN tout comme à Reconquête, nul ne croit guère que les LR puissent aujourd'hui rejoindre Éric Zemmour. Quant au maintien de la candidature de Marion Maréchal, il ne fait guère de doute.

Dans les rangs de Reconquête, nombreux sont ceux à souhaiter une bonne surprise en espérant dépasser les 10%, gage de l'entrée d'une dizaine d'élus au Parlement européen.

Du côté du RN, on bande les mucles. "On va faire de cette élection un référendum anti-Macron. Eux, ils sont poids plume. Nous, on est poids lourd. On n'a rien à voir", expliquait vendredi dernier auprès de BFMTV.com le député RN Julien Odoul.

Article original publié sur BFMTV.com