Eve Ensler : « Mon père, mon violeur »

Flavie Philipon

Elle incarne puissamment les combats de sa vie. En 1998, l'auteure de la pièce retentissante, « Les Monologues du vagin », a créé le mouvement V-Day pour éradiquer les violences faites aux femmes. Cette activiste remarquable et féministe infatigable y consacre son nouveau livre : « Pardon ». Dans cette lettre douloureuse, Ensler imagine les excuses de son père, tortionnaire et prédateur sexuel, qui a abusé d'elle dès l'enfance. Un texte exceptionnel et déchirant, qui fait chavirer le cœur et la conscience.                                         

ELLE. Pour quelles raisons avez-vous écrit cette lettre ?                

Eve Ensler. Toute ma vie, j'ai attendu que mon père me présente des excuses pour ce qu'il m'avait fait, en vain. Trente et un ans après sa mort, une part de moi portait encore ce désir de pardon, de justice. J'ai également réalisé que je n'avais jamais connu d'homme capable de reconnaître ses torts. J'ai donc rédigé les mots que j'avais besoin d'entendre, en espérant que cela pousse d'autres hommes à le faire, mais aussi dans le but de me délivrer de son emprise.                

ELLE. Vous décrivez les abus sexuels et physiques commis par votre père. Quelles sont, selon vous, les origines de sa violence ?                

Eve Ensler. Mon père était adoré de ses parents, a été élevé dans l'idée qu'il était le maître du monde. Mais l'adoration n'équivaut pas à l'amour. Pour être à la hauteur de l'image parfaite qu'on a...

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