"Le féminisme a gagné dans les têtes, mais pas dans les faits" : le retour surprise du sexisme chez les jeunes générations

Antoine Gyori/Corbis

On aurait pu attendre de la jeune génération – ou du moins des millenials – qu'elle soit moins conservatrice et empreinte de stéréotypes de genre que les précédentes… Mais c'est bien tout le contraire si l'on en croit le dernier Baromètre du sexisme publié par le Haut Conseil à l'Égalité ce 23 janvier. Pour tenter de comprendre ce phénomène et, surtout, comment y remédier, NEON a posé quelques questions à la co-présidente de la commission "Stéréotypes" du HCE, Marie-Anne Bernard.

Marie-Anne Bernard : Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'on ne s’y attendait pas. Comme beaucoup, nous avions l’intuition (fausse donc) que cinq ans après #MeToo et surtout après tous les progrès indéniables du féminisme, les jeunes générations seraient moins touchées par les stéréotypes et le sexisme que leurs aînées. Sauf que les chiffres nous ont prouvé le contraire. Par exemple, face à l'affirmation "il faut parfois être violent pour se faire respecter", les hommes de 25-34 ans répondent "oui" à 23 %, contre 11 % en moyenne toutes tranches d'âge confondues. On retrouve le même schéma pour l'affirmation "pour être respecté en tant qu’homme dans la société, il faut vanter ses exploits sexuels auprès de ses amis". Et même les affirmations qui paraissent les plus anecdotiques (et qui ne le sont en réalité pas) n'y coupent pas, comme le fait que le barbecue soit une affaire d'hommes [32 % y adhèrent, ndlr]. L’exemple qui m'a le plus marqué est celui de l’image des femmes véhiculée par la pornographie : (...)

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