Face à l'explosion du télétravail, patronat et syndicats tentent de se mettre d'accord

AFP
Le Medef et les syndicats vont tenter de se mettre d'accord au sujet du télétravail, subitement devenu la norme pour des millions de Français. 

VIE DE BUREAU - Frustrés par la proposition du Medef de plancher sur un “diagnostic partagé” sur le télétravail, les syndicats ont tout de même saisi au bond cette proposition, espérant convaincre le patronat de lancer une négociation pour fixer les règles de cette pratique devenue massive avec la crise sanitaire causée par le coronavirus.

Depuis trois semaines, la CFDT, la CGT, Force ouvrière, la CFE-CGC et la CFTC multiplient les appels du pied en direction du patronat pour organiser une négociation sur le sujet, la dernière datant de 2005.

Cinq millions de salariés se sont retrouvés du jour au lendemain à travailler à domicile en raison du confinement. Et la situation se poursuit avec le déconfinement progressif en oeuvre depuis lundi, l’exécutif ayant incité les entreprises à privilégier le télétravail pour éviter une deuxième vague de contaminations.

Un travail à domicile “dans des conditions très dégradées”

Pour les syndicats, tel qu’exercé depuis mi-mars, en particulier dans des entreprises qui n’y ont jamais recouru auparavant, ce télétravail n’en est pas un, mais plutôt “un travail à domicile dans des conditions très dégradées”, dans un contexte anxiogène et inédit de confinement.

“Le télétravail, ce n’est pas partager son ordinateur avec ses enfants parce qu’ils ont besoin de suivre leurs cours. Il y a des risques de burn-out importants”, a averti jeudi le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez.

“Il faut que le ministère du Travail arrête d’appeler ça du télétravail”, martèle François Hommeril, le président de la CFE-CGC.

Laurent Berger, leur homologue de la CFDT, est sur la même longueur d’onde: “Ca n’a pas toujours été un long fleuve tranquille pour nombre de salariés, pour des questions d’équipement mais aussi de conciliation avec la vie personnelle. Le télétravail, c’est à la fois une aspiration notamment dans des zones très urbanisées, mais là ça s’est fait de façon précipitée”.

Vers un diagnostic “partagé”?

Face à ces alertes, le Medef a fini par...

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