Que faire des hommes violents ?

Six Caroline

Et si aider les auteurs de violences aidait les femmes qui en sont victimes ? Traiter le mal à la racine, c'est le pari relevé par l'ACJE 91. Reportage.

Assis jambes écartées, buste penché et coudes sur les cuisses : les hommes convoqués ce matin dans les bureaux de l'Association pour le contrôle judiciaire en Essonne (ACJE) adoptent presque tous la même position, parangon de l'attente anxieuse. L'attitude même qu'ils avaient peut-être déjà lors de la garde à vue qui les a menés jusqu'ici. Certains fixent un point imaginaire, le regard davantage tourné vers eux-mêmes que vers la moquette. D'autres s'acharnent sur un chewing-gum ou scrollent compulsivement sur leur Smartphone. Aucun ne se regarde. L'effet miroir est-il trop brutal ? Car ce qui lie ces huit hommes et les a conduits ici, à Évry, c'est d'avoir maltraité leur compagne ou leur ex.

Une gifle, le plus souvent deux, un plaquage au mur assorti d'insultes menaçantes, un étranglement… Des violences qualifiées de « moindre gravité » par la justice (sans conséquence supérieure à huit jours d'ITT pour la victime), des délits que leurs auteurs ont souvent tôt fait de minimiser. « Non mais moi, ce n'est pas tout à fait pareil », nous dira d'emblée, à la pause cigarette, un grand gaillard qui ne quittera son bonnet qu'au bout de deux heures, malgré les 30 degrés que nous imposent des chauffages déréglés. Pas tout à fait pareil ? « Ben, j'ai pas frappé ma compagne, reprend-il. Je l'ai chassée de la maison. Elle s'est sentie en danger… Bon, je l'ai un peu insultée, mais… » Mais par quels moyens met-on quelqu'un à la porte ?...

Lire la suite de l'article sur Elle.fr

A lire aussi