Les femmes souffrent toujours du syndrome d’imposture

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Alors qu’elles auraient de quoi être fières de leur parcours, certaines femmes ont du mal à s’en attribuer les mérites. Pourquoi un tel manque de confiance ? Anne de Montarlot, psychothérapeute, et Élisabeth Cadoche, auteure de fictions, d’émissions télé et de documentaires nous expliquent pourquoi.

Quelle est la définition du syndrome d’imposture ?

Anne de Montarlot et Élisabeth Cadoche. Le syndrome d’imposture se traduit par un sentiment d’illégitimité, notamment professionnelle. Les personnes qui en souffrent sont constamment habitées par le doute concernant leurs capacités, malgré leurs réussites, leurs talents ou leurs bons résultats. Elles se perçoivent comme des imposteurs, qui trompent leur monde et risquent à tout moment d’être démasqués. Puisque leur perception d’elles-mêmes est en décalage avec celle des autres – qui reconnaissent leurs compétences –, cela renforce leur impression de tromperie et par là même, leur anxiété.

A quoi/qui attribuent-elles donc leurs réussites ?

Anne de Montarlot et Élisabeth Cadoche. Contrairement à la plupart des gens qui imputent (parfois à l’excès !) les raisons de leurs succès à des causes internes (qui dépendent d’eux-mêmes), la personne qui souffre du syndrome d’imposture, incapable d’attribuer sa réussite à son seul mérite, lui adjoint une cause externe : elle a eu de la chance, sa mission était facile, elle est tombée sur quelqu’un de bienveillant, etc. En considérant qu’elle n’est pas pour grand-chose dans son succès, elle alimente son incertitude et angoisse d’être démasquée : les autres vont forcément finir par s’en apercevoir…

Comment pallient-elles ce manque de confiance ?

Anne de Montarlot et Élisabeth Cadoche. L’incapacité à reconnaître ses compétences, sa valeur, à accepter les compliments et à se réjouir de ses propres succès entraînent plusieurs types de réactions, dont les plus caractéristiques sont le perfectionnisme et la procrastination. Dans le premier cas, on va surcompenser en travaillant beaucoup plus que les autres, en ne négligeant aucun détail, jusqu’au surmenage et, parfois, au burn-out. Dans l’autre, le fait de ne pas se sentir à la hauteur entraîne une tendance à se décourager et à repousser le moment de se lancer.

D’où vient ce syndrome, qui touche, à l’évidence, beaucoup de femmes ? (...)

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