Fermeture des écoles, le dilemme

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Malgré le contexte d’augmentation de la circulation du Sars-CoV-2 et de ses variants, ils sont toujours contre la fermeture totale des écoles et le font savoir. Dans un communiqué commun diffusé en début de semaine, la Société française de Pédiatrie, la Société française de Pédiatrie Médico Légale, le Groupe de Pathologie Infectieuse Pédiatrique et le Conseil national Professionnel de Pédiatrie défendent leur position en s’appuyant sur différents indicateurs.

Le dernier bulletin de l’Education nationale, par exemple, sur la question des contaminations : parmi les 200 404 tests salivaires pratiqués dans les écoles du 15 au 22 mars, seuls 0,49% des tests étaient positifs. Même si ces tests sont très loin d’être généralisés, les signataires du communiqué en concluent que « les enfants, et plus généralement toutes les personnes fréquentant l’école, ne sont pas les transmetteurs asymptomatiques de cette 3e vague ».

« Infime minorité des contaminations »

S’ils admettent que des transmissions intra-scolaires sont possibles, « elles ne constituent qu’une infime minorité des contaminations, et ne sont donc pas le levier principal pour bloquer la chaîne de transmission ». Les pédiatres en veulent pour preuve le pic de contamination qui a suivi la reprise de l’école en janvier : « toutes les écoles de France étaient fermées depuis 15 jours et le nombre des infections a pourtant augmenté très fortement ».

Les professionnels avancent d’autres arguments contre la fermeture des écoles : la possible augmentation des violences intrafamiliales, le creusement des inégalités sociales, la dégradation de la santé mentale des enfants… et de leurs parents : « l’impact sur la disponibilité et la charge mentale des parents qui sont aussi les acteurs clefs de cette crise sanitaire en tant que soignants, enseignants, acteurs du monde du travail en général sera de nouveau majeur ».

Vaccination des enseignants

Cette position des sociétés savantes est aussi celle du gouvernement, qui a fait du maintien de l’école en présentiel l’un des grands axes de sa gestion de la crise sanitaire. Sauf que depuis le début la semaine, dans les départements les plus touchés, les chefs d’établissement ont ordre de fermer la classe si un seul élève est testé positif. Conséquence : le nombre de classes, voire d’établissements entiers concernés par des fermetures est exponentiel. C’est également le cas dans les départements les plus épargnés.

Pour éviter la fermeture de la totalité des écoles, les pédiatres préconisent la généralisation des tests salivaires à l’école, le traçage et l’isolement des cas positifs, ainsi que la vaccination massive des professionnels de la petite enfance et des enseignants. Dénonçant l’inaction du gouvernement, une partie de ces derniers, réunis au sein du collectif des Stylos rouges (qui revendique plus de 74 000 membres), vient de déposer plainte auprès de la Cour de justice de la République contre le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer. Motif : « mise en danger délibérée de la vie d’autrui ».