Feu! Chatterton : “On fait de la chanson française libre”

Franck Vergeade
·2 min de lecture
© Pierre-Emmauel Testard pour Les Inrockuptibles
© Pierre-Emmauel Testard pour Les Inrockuptibles

“Un monde nouveau/On en rêvait tous/Mais que savions-nous faire de nos mains ?”, interroge Arthur Teboul dans le single introductif au troisième album de Feu! Chatterton, Palais d'argile. Un titre en forme d'oxymore pour résumer la richesse infinie et la profondeur renversante de ce “golem architectural, de glaise et d'acier”, qui constitue déjà le chef-d'œuvre du groupe rock le plus lettré d'ici, formé il y a tout juste dix ans par cinq copains soudés comme les doigts de la main.

En pleine résonance avec nos vies distanciées, les écrans chronophages et l'effrondrement général, Feu! Chatterton regarde un peu la France, tout en ébauchant des montagnes de questions pour paraphraser Miossec et Bashung – deux phares inamovibles de l'Hexagone. Humains après tout, Arthur Teboul (chant), Clément Doumic (guitares, claviers), Sébastien Wolf (guitares, claviers), Antoine Wilson (basse) et Raphaël de Pressigny (batterie) forment un club de cinq trentenaires plus ou moins en phase avec leur époque incertaine.

Entre questionnements existentiels (Monde nouveau, Ecran total, L'Homme qui vient), ballades modernes (Aux confins, La Mer, Ces bijoux de fer) et chansons antidatées (Avant qu'il n'y ait le monde, Cantique, Laissons filer), la formation parisienne n'élude aucun sujet, déployant un champ lexical à l'aune de ses ambitions musicales, tout en réfrenant ses instincts lyriques voire théâtraux.

Nourri à Bashung comme à Radiohead, à Brassens comme aux Talking Heads

C'est d'ailleurs au prestigieux Théâtre des Bouffes du Nord que l'on aurait dû découvrir les chansons de Palais d'argile au printemps 2020, avant que le coronavirus ne s'en mêle : “On l'avait vraiment pensé comme une pièce de théâtre, avec un découpage en actes, une mise en scène, des comédiens…”

Nourri à Bashung comme à Radiohead, à Brassens comme aux Talking Heads, à Led Zeppelin comme à Aphex Twin, Feu! Chatterton a trouvé en Arnaud Rebotini, l'homme XXL de Zend Avesta et de Black Strobe, son alter ego pour coréaliser son troisième chapitre discographique.

Lire la suite...