Feux de forêt: à l’origine d’un risque infectieux?

·2 min de lecture

Deux scientifiques américains, Leda Kobziar de l’Université d’Idaho and George Thompson III de l’Université de Californie, évoquent dans un article publié dans la revue Science, une réalité peu connue mais avérée : des virus, bactéries et autres champignons sont transportés par les fumées émanant des feux de forêt. Ce qui pourrait induire un risque infectieux en cas d’inhalation. C’est le cas par exemple de Coccidioides immitis et C. posadasii, responsables de la coccidioïdomycose, une infection fongique endémique en Amérique du Nord. Toutefois, les scientifiques n’en savent pas assez pour émettre de quelconques recommandations. Kobziar et Thompson estiment nécessaire des travaux transdisciplinaires pour décrypter la complexité du phénomène.

Toutes les fumées ont-elles la même toxicité ?

Ce que l’on sait de l’impact sanitaire des fumées d’incendies concerne largement les feux en milieu urbain. Et dans ce domaine, les effets néfastes sont bien documentés : « outre les intoxications aiguës connues, telles l’intoxication au monoxyde de carbone et l’asphyxie, trois autres grands effets se manifestent (…) après bien des années : les troubles et maladies cardio-vasculaires, les pneumopathies et les cancers », rappelle ainsi la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales à laquelle sont affiliés les pompiers. Les effets à long terme ayant largement été imputés aux effets des particules fines inhalées.

En revanche, des effets à court et à long terme des feux de forêts, de plus en plus fréquents en raison du réchauffement climatique, notamment aux Etats-Unis et en Australie, on ne sait que peu de choses. Certes les particules portées par « les fumées d’incendies de forêt peuvent être considérées comme au moins aussi toxiques pour la santé respiratoire à court terme que les particules de source urbaine », note l’Institut national de Santé publique du Québec. Mais qu’en est-il des microbes contenus dans ces fumées ? Et celles-ci pouvant voyager à des milliers de kilomètres grâce au vent, des populations éloignées pourraient-elles être aussi concernées par ces risques ?

C’est pour obtenir des réponses que les deux scientifiques plaident pour la mise en place d’études. « Des taux d’infections à champignons dans les zones sujettes aux feux de forêt ont bien été rapportés », signalent-ils. Mais des travaux sérieux manquent pour en faire la preuve. Un travail essentiel selon eux dans un contexte d’augmentation de ce type de catastrophes naturelles, exposant potentiellement de larges populations sur de longues périodes.