Flavie Flament : "Laissez aux victimes le droit de pleurer toute une vie" - EXCLU

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J’avais lu La Consolation, paru le 19 octobre 2016, un soir tard, d’une traite, dans le salon, jusqu’à l’écoeurement, bouleversée à ne pas pouvoir me coucher avant de l’avoir fini. Dans ce récit puissant, courageux, monstrueux, insoutenable, Flavie Flament révèle avoir été violée dans les années 1980, à l’âge de 13 ans, par un photographe "mondialement connu" chez qui la conduisait sa mère. Il s’agit de David Hamilton, jamais nommé dans le livre et qui s’est suicidé après, le 25 novembre 2016. De ce texte, je garde des images trop nettes et cette phrase qui me hante, cogne encore dans ma tête : "A 14 heures, j’ai viol ". Après ça, plus rien n’était pareil. Après ça, Flavie Flament a été nommée aux commandes d’une mission qui a lutté pour l’allongement du délai de prescription des viols sur mineurs. Après ça, je me disais, on écrit quoi ? Après ça, quatre ans plus tard, Flavie Flament a écrit L’Etreinte , qui vient de paraître aux éditions JC Lattès (180 pages, 18,90 €). C’est une histoire d’amour entre Emma et Augustin, née avant le confinement, et interrompue à cause de lui. Et c’est bien plus que cela. C’est un court récit, joli, tendre, délicat, émouvant, qui parle de la cristallisation, du manque qui colonise et dévaste et de la puissance insoupçonnée de celle qu’on n’a sans doute jamais autant désirée qu’aujourd’hui et qui cristallise tous nos regrets : l’étreinte. Rencontre émouvante et lumineuse avec Flavie Flament.

Femme Actuelle : Dans La Consolation vous avez révélé en 2016 avoir été violée à 13 ans, par un photographe "mondialement connu", David Hamilton, jamais nommé dans le livre et qui s’est suicidé après. A-t-il été difficile après ça de retrouver le chemin de l’écriture ? Flavie Flament : Pas vraiment, mais La Consolation m’a marquée, a bouleversée ma vie personnelle, mes engagements et d’une certaine manière aussi changé la société, alors c’est vrai que je me demandais si j’allais arriver à écrire après ça. Il m’a fallu du temps pour digérer tout ce (...)

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