Flirter avec ses collègues permettrait de « réduire le stress »

Une étude a conclu que le soi-disant « comportement sexuel social » pourrait soulager le stress au travail. [Photo: Getty]

Flirter avec ses collègues permettrait de limiter le stress, d’après des chercheurs de l'université d'État de Washington (WSU).

De telles conclusions peuvent sembler étranges dans le contexte de #MeToo, mouvement mondial contre les agressions et le harcèlement sexuels qui a permis de dénoncer certaines personnes haut placées, comme le fameux producteur de cinéma Harvey Weinstein.

Pourtant, l'étude, publiée dans la revue Organizational and Human Decision Processes, se penche sur les flirts dits « bon enfant » ou les comportements sexuels sociaux « sans harcèlement », à ne pas confondre avec les « actes de harcèlement sexuel persistants et non désirés souvent perpétrés par des personnes en position d'autorité ».

Selon la définition des chercheurs, le comportement sexuel social sans harcèlement pourrait inclure ce qu'ils appellent la « narration sexuelle » (blagues et sous-entendus) et une attitude de flirt qui inclut les regards faussement timides et les compliments sur le physique.

Les chercheurs, des États-Unis, du Canada et des Pays-Bas, ont analysé une série d'enquêtes menées auprès de groupes de travailleurs aux États-Unis, au Canada et aux Philippines. Les sondages ont permis de réunir des centaines de participants.

« Il y a des moments de flirt, et cela semble plutôt bon enfant », a déclaré la professeure adjointe de WSU et première auteure de l’étude Leah Sheppard. « Le seuil du harcèlement sexuel n’était jamais atteint même lorsque les participants de l'étude n’appréciaient pas ce comportement. Les taux de stress n’étaient pas plus élevés, et il s’agit donc d’un espace conceptuel très différent ».

Leah Sheppard précise : « Nous avons toutefois constaté que le flirt présentait certains avantages quand il était apprécié. Il permet aux gens de se sentir bien dans leur peau et ainsi d’être protégé contre certains facteurs de stress dans leur vie ».

Dans leur rapport, les chercheurs se sont également penchés sur les « règles de tolérance zéro » à l'égard du flirt qui selon eux « créent un malaise » dans un cadre professionnel.

Ils ont cité des exemples de politiques de tolérance zéro contre le harcèlement sexuel très médiatisées, comme l’interdiction de fixer quelqu’un pendant plus de 5 secondes dans les bureaux de Netflix, ainsi que l'interdiction de partager un taxi et les lignes directrices pour prendre un collègue dans ses bras du réseau de télévision américain NBC.

« Les règles de tolérance zéro peuvent créer un certain malaise vis-à-vis de comportements plutôt naturels dans le cadre d’amitiés », a déclaré Leah Sheppard. « Nous n’incitons pas non plus les gestionnaires à encourager ce comportement, mais il s’agit probablement de quelque chose qui se produit de manière naturelle ».

« Les gestionnaires doivent également être prudents quand ils flirtent eux-mêmes, en particulier avec des personnes moins haut placées. En situation de déséquilibre de pouvoir, le risque d'entrer dans le domaine de ce qui pourrait être perçu comme du harcèlement sexuel est bien réel ».

Francesca Specter