Elles font le vin : rencontre avec Anne-Marie Charmolüe, l'âme du Château Romanin

Sandrine Goeyvaerts
·2 min de lecture

Elle n’avouera pas son âge : une coquetterie que l’on pardonnera à cette femme pleine d’énergie. Anne-Marie Charmolüe est l’un de ces destins du vin avec qui on aimerait pouvoir papoter des heures autour d’un verre de Château Romanin, l’excellent rosé de Provence dont elle est l’heureuse propriétaire.

Le vin est le fil conducteur de la vie d’Anne-Marie. Fille de propriétaires à Saint-Émilion, c’est l’autre rive de Bordeaux qu’elle épouse, en même temps que Jean-Louis Charmolüe. Ensemble, au château Montrose, ils se posent en défenseurs de la qualité, empreinte d’un classicisme de bon aloi. Mais la fantaisie définit aussi Anne-Marie. Si la Provence est sa région de coeur depuis plus de cinquante ans, il faut un concours de circonstances pour la décider à sauter le pas et à s’établir au château Romanin en 2006. « Bel endormi », comme aimait à le définir son mari, Romanin a besoin de précision et d’exigence. « Avec Jean-Louis, on est arrivés ici, charmés par la beauté. Vous connaissez les Alpilles ? C’est magnifique ! » Charmés, mais pour autant lucides : les vins n’étaient pas vraiment à niveau. « Mon mari et moi avons fait planter 27 ou 28 hectares de nouveaux cépages. Moi, je m’occupais de tout. Et du reste. » Son rire fuse, jamais bien loin. Si on la sent attendrie en évoquant son époux, disparu en 2018 – « cinquante-sept ans de mariage, ce n’est pas rien ! » –, elle se reprend vite. « Continuer Romanin, c’est poursuivre notre oeuvre commune, c’est important ! » Et ne la cantonnez pas à des « activités de son âge » : elle aime à surfer sur Facebook, et ne se régale de rien comme d’un bon plat de tagliatelle, fraîches s’il vous plaît. Andiamo !

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