Food tour à Tel-Aviv, la cité aux mille cuisines

Bienvenue à Tel-Aviv, deuxième plus grande ville israélienne, véritable OCNI :objet culinaire non identifié. D’ailleurs difficilement identifiable tant la cuisine que l’on y trouve est éclectique, et teintée d’influences du Moyen-Orient voisin, de la péninsule arabique et d’Europe de l’Est. Une seule certitude, c’est l’une des cuisines les plus appréciées au monde. Suivez le guide pour un aperçu ultra-enthousiaste mais absolument pas exhaustif !Entre plages de rêve, souks, événements culturels et vie nocturne hyperactive, on ne s’ennuie jamais à Tel-Aviv. Dans cette ville d’environ 470 000 habitants, communément appelée « La Bulle », pour son côté iconoclaste et son mode de vie à l’européenne au beau milieu du Moyen-Orient, il flotte comme un air de liberté infinie. Terrasses de cafés pleines à craquer, population cosmopolite, festivals de street foodet musique en plein air… il ne manque rien aux codes de la grande ville moderne où il fait bon vivre. Sans compter l’offre culinaire débordante, nourrie de mille et une influences, boostée par une foodtech en pleine explosion. Nous avons passé quelques jours sur place en mode food tour et malgré toutes nos découvertes, nous sommes rentrées avec le sentiment d’avoir goûté à peine la moitié des trésors gastronomiques que recèle cette ville. On vous emmène ? Comme on dit en hébreu« yallah balagan » (c’est parti).Deux mots sur la cuisine israélienneAvant de plonger dans les différents quartiers de Tel-Aviv, quelques précisions historico-politiques essentielles. La gastronomie israélienne englobe la cuisine pratiquée en Israël mais aussi celle apportée par toute la diaspora juive au fil du temps, depuis la création de l’État en 1948. Elle absorbe de nombreux éléments de cuisine séfarade et ashkénaze et inclut beaucoup d'aliments mangés traditionnellement dans les cuisines moyen-orientales et méditerranéennes. A commencer par le houmous et les falafels.Dans son livre « Food cultures of Israel : Recipes, customs, and issues », l’auteur américain Michael Ashkenazi, détaille : « les Juifs ashkénazes ont apporté des plats comme le schnitzels, les juifs sépharades les bourekas, la chakchouka, le couscous ainsi que des herbes et des épices comme la harissa. Les juifs d’Éthiopie sont venus avec l’injera, ceux d’Asie et du Caucase avec le samboussek ou le kubbeh. Les arabes israéliens sont, quant à eux, connus pour les pâtisseries comme le knafeh et les Druzes pour leur labneh ». Pour résumer, la cuisine israélienne et a fortiori telavivienne est un mix de cultures, d’influences du monde entier, avec une trame commune. Comme une partition de musique, que chacun interprète ensuite comme il veut. Difficile de donner une définition claire et précise de la cuisine israélienne. Autrement dit, il n’y a pas une mais des cuisines israéliennes.FlorentinAu sud de la ville, juste avant Yaffo, le quartier Florentin est l’un des endroits les plusanimés de la ville. Connu pour sa scène artistique locale bouillonnante, ses graffitis, son ambiance arty hipster (ici, les Birkenstock et vêtements Patagonia sont de rigueur), Florentin est aussi réputé pour ses nombreux commerces de bouche, pâtisseries d’Europe de l’Est et épiceries européennes. Sans compter le souk Levinsky, melting pot de cultures culinaires moyen orientales, nord africaines, yéménites, européennes. Lorsque le soleil se couche et les magasins ferment, le quartier se métamorphose et l’on vient boire du vin en terrasse avant d’aller faire la fête à Teder, mythique lieu de fête en plein air, au milieu d’immeubles désaffectés. Seule une plongée dans le Florentin nyctalope permet de ressentir le vent de liberté et le grain de folie salutaire qui règne dans ce quartier.Neve TzedekNiché derrière les rues bruyantes et animées du sud de Tel-Aviv, Neve Tzedek est l’une des premières implantations juives construites en dehors de la ville de Jaffa. Fondé en 1887 au milieu de nulle part, le quartier était initialement constitué de deux rues entrecoupées d’une diagonale. Il se distingue aujourd’hui par ses maisons basses et ses ruelles pittoresques. Sur Shabazi street, la rue principale, s’étalent de nombreux cafés branchés et bar à vins mais le quartier est avant tout réputé pour ses espaces culturels et petites galeries d'art. Si l'on devait résumer Neve Tzedek en une phrase ? Comme un air de Soho à Tel-Aviv. YaffoTout au sud de la ville, Jaffa (Yaffo en hébreu) est l’un des plus anciens ports de pêche de la côte orientale de la Méditerranée. Ses origines remontent à environ 1500 avant J.C. C’est seulement au moment de la création de l’État d’Israël que cette ville biblique fusionne avec l’autre partie de Tel-Aviv. Aujourd’hui peuplée à quasi-parité d'Arabes et de Juifs, Yaffo est un modèle de tolérance et d’ouverture d’esprit. Il règne dans cette partie de la ville un air pacifiste, bohème. On se promène dans les ruelles, entre les antiquaires, les fripes, les corners de street food (dont le meilleur malhabi de la vile) et les cafés où bruncher jusqu’à pas d’heure.Lev HairBienvenue dans l’hypercentre, où se trouve le fameux boulevard Rothschild, artère commerçante animée jusque tard le soir. On vient y faire toutes sortes d’emplettes avant de bifurquer dans la rue Dizengoff, pour flâner chez les disquaires, libraires et concept stores branchés. Autour des rues sheikin et Allenby, à ne pas manquer, la collection de maisons blanches, inspiration Bauhaus. Ces édifices des années 1920 auraient valu à Tel-Aviv le surnom de « ville blanche ». Pour terminer, direction Sarona Market, food market géant, posté entre le théâtre Habima et les tours Azrieli. Construit en 2015 pour répondre à une demande d’offre food digne de ce nom, dans la partie building d’affaires et gratte-ciel de Lev Hair, le food court est l’une des fiertés de Ron Huldai, maire de la ville à l’époque. Et pour cause, ce complexe de 8700m2 attire chaque jour des milliers de visiteurs. Sauf le vendredi après-midi bien sûr (Shabbat oblige).