Françoise Cactus, le charme piquant de la fantaisie

Jérôme Provençal
·1 min de lecture

Disons-le tout net : la mort de Françoise Cactus nous plante une vilaine épine dans le cœur. Comment ne pas être triste en voyant s’en aller, emportée bien trop tôt (57 ans, seulement), une femme à la personnalité si piquante, dont l’excentricité n’avait d’égale que la créativité ? Comment ne pas pleurer en repensant à son rire, éclatant comme un soleil ? D’abord musicienne et chanteuse, moitié féminine de Stereo Total, l’ineffable duo électro-punk-yé-yé qu’elle formait depuis 1995 avec son compagnon allemand Brezel Göring, elle a aussi écrit des livres, travaillé pour la radio ou œuvré comme graphiste : une vraie artiste pluridisciplinaire, tendance indisciplinée, la diablerie au fond des yeux et l’ironie au bord des lèvres.

Née en 1964, dans un village de Bourgogne, Françoise van Hove va prendre le large à la vingtaine. Après un passage par Paris et la Norvège, elle part en 1985 s’installer à Berlin-Ouest (la ville étant encore coupée en deux par le Mur) et s’immerge allègrement dans le vivier contre-culturel du quartier de Kreuzberg, bouillonnant fief alternatif à l’époque.

Pétaradant répertoire

Ayant commencé à écrire des chansons, Françoise se mue en Cactus et monte son premier groupe, Lolitas, en 1986. À la batterie et au chant (double casquette rare), elle y est accompagnée par le guitariste franco-allemand Coco Neubauer et le guitariste/bassiste italien Michele “Tutti Frutti” Bordini, plaisamment décrit comme un mélange entre Adriano Celentano et Sid Vicious. Le trio va devenir ensuite un quatuor avec l’arrivée de la bien (sur)nommée bassiste allemande Olga La Basse.

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