France: la Nupes votera une motion de censure contre la Première ministre Élisabeth Borne

AP - Thomas Padilla

La Première ministre française Élisabeth Borne prononce, ce mercredi 6 juillet, devant l'Assemblée nationale, son discours de politique générale, la feuille de route de son gouvernement. Mais contrairement à l'usage, elle ne demandera pas la confiance des députés.

C'est un vote que la Nupes sait perdu d'avance, les autres oppositions ayant d'ores et déjà annoncé qu'elles ne soutiendraient pas la motion de censure, malgré la possibilité de faire tomber le gouvernement. Mais la gauche en fait une question de principe.

« C'est un raisonnement commun qui nous a conduits à prendre cette initiative, selon lequel le gouvernement aurait dû se soumettre à un vote de confiance. Et nous nous étions dit que s'il ne le faisait pas, nous étions contraints quelque part à porter cette motion de défiance », explique Julien Bayou, coprésident du groupe écologiste à l'Assemblée.

Un moyen aussi de mettre le Rassemblement national et Les Républicains, officiellement hostiles au gouvernement, face à leurs contradictions, comme le rappelle Jean-Luc Mélenchon, venu apporter son soutien aux députés Insoumis mardi matin, avant de longuement revenir sur le sujet lors d'une conférence dans la soirée, rappelant que les deux partis étaient désormais « prêts à s'accommoder de Monsieur Macron ».

Mais la motion pourrait ne pas faire le plein de voix au sein même de la gauche. Une partie du groupe socialiste n'y était pas favorable. Et l'annonce unilatérale du dépôt de la motion lundi par La France insoumise a crispé au sein de la Nupes. Différence de culture politique pour les plus conciliants, mauvaises habitudes à très vite corriger pour d'autres, nettement plus agacés.

Après la motion, place au combat sur le pouvoir d'achat

Après ce premier test pour la solidité de la coalition à gauche, la Nupes devra ensuite se mettre en ordre de marche pour sa prochaine bataille au Parlement : le pouvoir d'achat. Les députés Nupes estiment qu'il faut changer de braquet afin d'aider vraiment les Français. Pour cela, la gauche a défini ses priorités : Smic et minimum retraite à 1 500 euros ou encore revalorisation de 10% des salaires des fonctionnaires. Ce qui est loin des « mesurettes » envisagées par le gouvernement, selon Boris Vallaud, patron du groupe socialiste à l'Assemblée.

« Nous préférons des salaires plutôt que des chèques, parce que c'est plus durable, parce qu'à ce stade, il est proposé pour un couple, à ce que j'ai compris, avec deux enfants, 200 euros par mois une fois. Sauf que c'est tous les mois que la perte de pouvoir d'achat est à l'équivalent », estime le député des Landes.

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La gauche est toutefois prête à accepter des mesures éphémères : hausse de l'allocation de rentrée scolaire ou des aides au logement... Mais pas à n'importe quelles conditions. « Toutes les mesures sont inférieures à l'inflation, puisque vous vous retrouvez avec une inflation de plus de 7% d'ici à la fin de l'année. APL : +3,5%, prestations sociales : +4%, retraites : +4%. Bref, ce texte est très loin des attentes des Français », lance Mathilde Panot, la présidente du groupe Insoumis

Le programme alternatif de la Nupes coûte cependant très cher : entre 50 et 60 milliards d'euros. Dispendieux mais nécessaire, selon les partis de gauche qui proposent notamment une super-taxe sur les profits des sociétés pétrolières et gazières pour le financer.

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