Frank Gehry : "Dans mon travail, c’est avant tout l’intuition qui me guide"

Du mouvement avant toute chose, dans son oeuvre comme dans sa vie ! A 90 ans, l’architecte star multiplie les projets. Le dernier, tout en volutes et transparence, a trouvé sa place à Séoul, avec la façade de la boutique Louis Vuitton Maison. Pour Match, Frank Gehry revient sur les racines de son inspiration. Et livre sa vision du monde d’aujourd’hui, et de demain. Interview 

En octobre dernier, à Séoul, Frank Gehry a inauguré la 10e Louis Vuitton Maison, dont il a réalisé la façade, aux volumes aériens et lignes dansantes. L’édifice signe, après la Fondation Louis Vuitton, le deuxième acte d’une collaboration aussi fructueuse que prometteuse avec Bernard Arnault. A Arles, la Fondation Luma, une sculpture de lumière, ouvrira bientôt ses portes, puis ce sera un musée Guggenheim à Abu Dhabi. Mais plus que des œuvres iconiques, c’est un destin hors norme qu’a su bâtir cet ancien émigré juif, arrivé enfant aux Etats-Unis.

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Paris Match. Votre travail sur la façade de la maison Vuitton de Séoul défie, une fois encore, les lois de la gravité. Auriez-vous quelque chose contre la symétrie ?
Frank Gehry. Rien contre la gravité, rien contre la symétrie ! A l’intérieur de mes bâtiments, il y a de la symétrie. A l’extérieur aussi… sauf qu’elle n’est pas exacte !

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Des premières esquisses à la réalisation d’un bâtiment, le chemin est long. Quelle étape préférez-vous ?
Toutes, car je ne sais pas où elles vont m’emmener ! Mais mes buildings ne sont jamais le produit d’un accident. J’aime laisser une place à l’imprévu : on tire un fil qui vous mène vers une chose puis une autre et ainsi de suite. On retrouve cela dans tous les processus créatifs. Il faut faire confiance à son jugement intérieur, à son expérience aussi – je sais ce qu’il est possible ou non de construire. Mon intuition m’a souvent guidé dans mes réalisations. Jusqu’à présent, ça a plutôt bien marché…

Vous avez toujours gardé une place pour l’humour et la poésie dans votre travail…
L’humour est indispensable. La poésie,(...)


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