Full Moon à Rangoun

Entre tradition et modernité, Myanmar reste un pays mystérieux. Longtemps « fermé », donc méconnu, son ouverture récente (2012) vers un processus de transition demeure fragile. Et violente. En témoigne la répression contre le peuple des Rohingyas, pour laquelle le CPI vient d’autoriser une enquête internationale sur les crimes présumés des autorités à l’encontre de la minorité musulmane.  C’est dans ce contexte que se développe un tourisme exigeant qui peut permettre à ce pays, à la richesse culturelle immense, de se hisser vers le sommet des destinations internationales les plus courues.

La fête des lumières

Pour s’immerger dans la culture birmane, quoi de mieux que de s’y rendre durant l’une des fêtes les plus emblématiques, le « Thidingyut ». Cette fête dite des lumières, signe à la fois la fin du Carême bouddhique et de la mousson. Dans la mythologie, c’est lors de la pleine lune de « Thidingyut » que Buddha redescendit sur terre. Cela donne lieu à trois jours de festivités : la veille, le jour et le lendemain de la pleine lune. A cette occasion, vous êtes spectateur d’une féérie de lumières qui ornent les maisons et les pagodes. Ce soir-là, the place to be à Rangoun, c’est la pagode Shwedagon, vieille de 2500 ans, la plus belle du monde et la plus grande aussi, en tout cas le lieu au cœur du bouddhisme birman et de la vie religieuse et sociale du pays. Elle renfermerait huit cheveux de Buddha.

Tous les superlatifs lui ont été attribués. Elle inspira de nombreux écrivains occidentaux dont Joseph Kessel, Cocteau et Pierre Loti. On y accède par l’un des quatre escaliers couverts après s’être déchaussés. Il va falloir mettre un mouchoir sur nos habitudes d’occidentaux et passer outre l’hygiène dans ce pays où chiquer du bétel et cracher par terre est un sport national.

« Whaou effect » assuré quand vous arrivez au sommet de l’escalier que vous gravissez en cette fin d’après-midi sous une chaleur de plomb (ressenti 40°, taux d’humidité 80%). Vous découvrez le spectacle à couper le souffle de ce Stûpa central de 98 mètres de haut, recouvert de deux tonnes d’or, d’une forêt de petits pagodons et de sanctuaires, perdus que vous êtes au milieu d’une foule des plus colorée.

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Chacun a revêtu ses(...)


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