La gentillesse, nouvelle déesse

Julie Rambal

Longtemps sacrifiée aux valeurs individualistes et conquérantes, cette qualité est enfin réhabilitée. Valorisée, étudiée, enseignée, elle pourrait être le nouveau credo de notre ère. Une bouffée d'air.

« Ce qu'il y a de génial avec la gentillesse, c'est qu'elle est gratuite et ne blesse personne. Elle est surtout le remède à la violence et à la haine dans le monde, car elle nous permet de rester unis dans notre humanité. » En juin 2016, Lady Gaga profitait de la 84e conférence annuelle des maires américains pour diffuser, au côté du dalaï-lama, le message altruiste dont elle se fait l'apôtre depuis plus de dix ans. La chanteuse a même créé une fondation, Born This Way, qui intervient dans les écoles américaines et organise des challenges invitant à se préoccuper d'autrui pendant vingt et un jours consécutifs. Mi-octobre, en concert à Las Vegas, l'artiste a offert une énième preuve de sa bienveillance en consolant un fan qui l'avait accidentellement projetée dans la fosse. Malgré un énorme hématome à la cuisse, elle a fait remonter le garçon sur scène en lui faisant promettre de « se pardonner l'incident », et en plaisantant sur le fait qu'ils « mériteraient un thé après ça »... Son rêve de vivre dans un monde plus roudoudou semble enfin se concrétiser, à l'aube des années 2020, alors que le concept de gentillesse est sanctifié de toute part. Les people n'ont plus que ce mot à la bouche : Meghan Markle clame que le cynisme est désormais ringard et Ellen DeGeneres propose d'ouvrir nos chakras en défendant son improbable amitié avec l'ex-président américain George W. Bush : « Quand je dis 'soyez gentils les uns envers les...

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