Gilets jaunes : un an après, l'économiste Daniel Cohen revient sur cette crise

Jacques Braunstein

Le 17 novembre 2018 inaugurait une année de lutte sociale et de manifestations. L'économiste Daniel Cohen revient sur cette crise.

ELLE. Quel bilan peut-on déjà tirer du mouvement des gilets jaunes d'un point de vue économique ?

Daniel Cohen. « Aujourd'hui, le prix du litre de diesel est devenu l'équivalent du prix du pain sous l'Ancien Régime. » Cette formule du politologue Jérôme Fourquet est très juste. Le mouvement des gilets jaunes est né en novembre 2018 de l'augmentation du prix des carburants et de la limitation de vitesse à 80 km/h sur certaines routes secondaires. Résultat, le 10 décembre, Emmanuel Macron annulait la hausse de la taxe carbone et revenait sur la CSG pour les petites retraites... Avant d'annoncer, fin avril 2019, une baisse d'impôt sur les premières tranches. Au total, cela représente 20 milliards d'euros, c'est-à-dire plus de 800 euros pour un salarié moyen. Ce sont 3 % de revenus en plus, ce n'est pas rien. Lorsque le chômage baisse, les gens ont moins peur de perdre leur emploi et, du coup, se soucient de leur pouvoir d'achat.

ELLE. Le mouvement des gilets jaunes est-il derrière nous ?

Daniel Cohen. Les causes profondes de la crise demeurent. Les classes moyennes et populaires ont été chassées des usines, puis des villes. C'est la question de la fracture territoriale, de la solitude sociale dans un système où tout le monde se sent uberisé que pointent les gilets jaunes. Le gouvernement ne peut plus dire : « Nous allons supprimer cet hôpital, cette école, cette gare parce qu'elles ne sont plus rentables. » Il doit désormais tenir compte des...

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