Gillian Anderson est Margaret Thatcher : “A l'époque, il était très inhabituel de voir des femmes leaders”

Anne-Laure Pineau
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© Des Willie/Netflix
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Dans les couloirs glacés du château de Balmoral, la famille royale d’Angleterre a un jeu : soumettre ses invité·es à une batterie de tests. Un baptême en forme de notation cruelle, de son propre aveu. Si, dès son entrée dans la famille, Diana Spencer a obtenu un 10 parfait, subjuguant la dynastie, Margaret Thatcher, elle, a multiplié les faux pas, ne faisant que confirmer ce que tout ce petit monde supposait : c’est une sinistre plouc.

Fille d’un épicier et d’une couturière, elle ne connaît ni les codes ni les charades, ne saurait reconnaître le brâme d’un cerf, n’a pas apporté de chaussures adaptées à la campagne écossaise. D’ailleurs, elle n’a pas traversé le Royaume-Uni – bagages et mari sous le bras – pour tenter de se fondre dans l’élite, elle est venue pour travailler. Voilà le seul droit chemin que Margaret Thatcher a choisi pour gravir les échelons d’une société dans laquelle l’ascenseur social ne fonctionne qu’à la manivelle.

Une miraculeuse intruse

Le deuxième épisode de cette saison 4 de The Crown résolument féministe est dur à regarder car il provoque à coup sûr un sentiment imprédictible vis-à-vis de celle qui fut surnommée jusqu’à sa mort la Dame de fer, cette anti-madone ultra-conservatrice, cette impitoyable breadwinner (soutien de famille) : l’empathie. Saisissante de réalisme avec sa voix qui tremble, son dos voûté et ses brushings iconiques, Gillian Anderson réussit à amener le personnage historique là où nous ne l’attendions pas.

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