Giulia Foïs : « Céder, ce n'est pas consentir »

Marion Ruggieri

La journaliste* signe un livre dans lequel elle raconte le viol qu'elle a subi à l'âge de 20 ans et le procès qui a suivi. Un choc.

ELLE. Votre livre s'intitule : « Je suis une sur deux ». Pourquoi ?                

Giulia Foïs. J'ai commencé à sortir la tête de l'eau quand j'ai admis que ce qui m'était arrivé ne m'était pas arrivé parce que « je l'aurais provoqué », mais parce qu'on vivait dans un système qui autorisait le viol, qui le permettait, voire, à certains égards, qui l'encourageait. La réalité de notre monde, c'est qu'une femme sur deux sera au moins une fois atteinte par au moins une forme de violence sexuelle dans sa vie. Ce chiffre est une gifle. Quand j'ai réalisé que nous étions aussi nombreuses, j'ai commencé à remettre du sens dans le chaos. Car un viol, c'est une « injection » de chaos dans votre vie.                

ELLE. « J'ai eu de la chance, j'ai eu le bon viol », écrivez-vous. C'est quoi, le bon viol ?                

Giulia Foïs. Le viol est un impensé total. Le viol, il faudrait que ça arrive en pleine nuit, que ce soit le fait d'un étranger, de quelqu'un qui surtout ne nous ressemble pas, un genre de loup-garou pris de pulsions face à une personne qui le provoque. Aujourd'hui encore, 42 % des Français pensent que, quand une fille porte une jupe, le viol est un peu moins un viol. Dans mon cas, il y avait une arme, un cutter, et une lacrymo, c'était à 21 h 30, sur un parking, et j'étais en pantalon, on peut donc raisonnablement penser que je n'étais pas d'accord, que je ne cherchais pas les ennuis. De plus, je ne le connaissais pas, donc je...

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