“Godfather of Harlem”, une fresque criminelle saisie dans le tourbillon politique des 60’s

Alexandre Buyukodabas
·1 min de lecture
Bumpy Johnson (Forest Whitaker) dans
Bumpy Johnson (Forest Whitaker) dans

À l’heure où l’Amérique accuse douloureusement la fracture entre ses blocs progressistes et conservateurs, l’industrie des séries ausculte des blessures plus anciennes mais tout aussi vives. De Watchmen à la dernière saison de Fargo en passant par Lovecraft Country, cette année télévisuelle a été marquée par une mise en fiction des tensions racistes qui rongent le pays, depuis le traumatisme de l’esclavage aux violences policières en passant par la ségrégation instituée par les lois Jim Crow.

Créée par Chris Brancato, expert en récits criminels sur fond de trafic de drogues (on lui doit notamment Narcos et son spin-of Mexico), Godfather of Harlem peut s’appréhender comme un préquel officieux à l’American Gangster de Ridley Scott, dont il fait parler le cadavre inaugural : celui d’Ellsworth Raymond "Bumpy" Johnson, un parrain noir de la vieille école apprécié par sa communauté à Harlem.

Retour à Harlem

Au début des années 60, Bumpy Johnson retrouve son quartier après dix ans d’incarcération. Son entreprise de reconquête du pouvoir se heurte à la mafia italienne qui y contrôle la distribution d’héroïne et se frotte au combat de Malcolm X, leader de l’organisation politico-religieuse "Nation of Islam" qui tente notamment de sortir les junkies afro-américains de la rue.

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