Golshifteh Farahani : En Iran, « elles meurent parce que femmes »

©ABACA/Boyer-Hahn-Marechal

Depuis la mort de Mahsa Amani, l’actrice franco-iranienne Golshifteh Farahani, en exil, relaie activement les images venues d’Iran. Elle nous dit sa colère, son inquiétude et ses espoirs.

« Depuis la mort de Mahsa Amani, les journées sont difficiles, les nuits sont difficiles, on ne mange pas, on ne dort pas. "On", c’est moi et tous mes amis, artistes iraniens en exil, suspendus à l’avenir de ce pays que j’ai quitté il y a 15 ans. Si nous avons le souffle coupé, l’esprit mobilisé 24 heures sur 24 devant nos écrans, imaginez comment vivent en ce moment les femmes et les hommes de Téhéran, Qom ou Ispahan. Je n’ai plus aucun contact direct, mais malgré les blocages du gouvernement, les infos circulent en persan, en anglais. Ma responsabilité, notre responsabilité, c’est d’utiliser notre pouvoir et notre influence pour les relayer.

Solidarité

Montrer, dire, donner la parole à ceux et celles qui se battent sur place, sans dévoyer leur parole. Certains de mes posts sont lus par 36 millions de personnes, ça m’oblige. Mon devoir est de continuer. Nous sommes entre les deux cultures, iranienne et occidentale, nous savons parler les deux langages. Hors du pays, nous sommes l’autre aile de l’avion de la révolte. Ce qu’il se passe est immense. De la même manière que #MeToo dépassait largement le cas d’Harvey Weinstein, ce mouvement dépasse l’Iran. Ce n’est pas seulement une question régionale, religieuse ou de politique locale. C’est le grand problème mondial et universel de toutes les femmes du monde : elles se font tirer dessus à balles réelles parce qu’elles ont un corps de femme. Elles meurent parce que...

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