Grâce à son odorat surdéveloppé, une Écossaise détecte précocement Parkinson chez son mari et crée un test de dépistage

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Une étude publiée le 7 septembre 2022 dans le Journal of the American Chemical Society a rapporté que Joy Milne, une septuagénaire écossaise, aurait aidé, grâce à son odorat surdéveloppé, à mettre au point un test cutané permettant de détecter précocement la maladie de Parkinson. 

Il y a plusieurs années, Joy Milne, aujourd’hui âgée de 72 ans, avait senti sur son mari une odeur “musquée” et “différente”. Aujourd'hui décédé, son époux avait été diagnostiqué malade de Parkinson, douze ans après avoir été "senti" par sa femme.

Une aptitude unique, au début moquée, qui a grandement aidé les chercheurs. Ces derniers ont alors étudié la maladie comme porteuse d'une odeur particulière. 

Odeur de Parkinson : une découverte surprenante mais encourageante 

Les chercheurs de l'Université de Manchester ont ainsi inclus Joy Milne a leur processus de recherche. Ils ont "testé l’odorat" de la septuagénaire "sur des t-shirts de personnes malades".

La veuve a "senti la maladie sur tous leurs vêtements", mais également sur le t-shirt d’un homme en bonne santé au moment de l'étude. Quelques mois plus tard, les médecins lui diagnostiqueront la maladie neurodégénérative.

Ainsi, les scientifiques ont découvert que "des molécules liées à la maladie avaient été trouvées dans les écouvillons cutanés". Un test a alors été mis au point afin d’identifier, grâce à un coton-tige pressé le long de la nuque, les personnes qui atteintes de la maladie.

"Les scientifiques pensent que l'odeur peut être causée par une modification chimique de l'huile de la peau, connue sous le nom de sébum, déclenchée par la maladie", précise The Guardian. 

Pour l’instant, le test a seulement été utilisé en laboratoire mais pourrait bientôt être disponible dans les hôpitaux, selon les espoirs des chercheurs. 

Un diagnostic précoce pour une meilleure prise en charge

Dans les colonnes du Telegraph, Joy Milne plaide pour la mise en place de tests de dépistage précoce. Je pense que la maladie peut être détectée beaucoup plus tôt - tout comme le cancer et le diabète - un diagnostic plus précoce signifie un traitement beaucoup plus efficace”. 

Ce que confirme Pr Perdita Barran, directrice des recherches ayant mené à la création du test. “Un diagnostic de confirmation permettrait aux malades d’obtenir le bon traitement et les soins qui les aideront à soulager leurs symptômes et à retarder l'avancée de la maladie”, a-t-elle précisé au micro du quotidien britannique. 

Interrogée sur sa participation à la création de ce test révolutionnaire, la septuagénaire a présenté son odorat comme “une malédiction et un avantage”. "Son odorat hypersensible lui permet même de sentir les personnes atteintes de la maladie de Parkinson au supermarché ou en marchant dans la rue, c'est une charge lourde pour elle", rapporte The Guardian.  

Néanmoins, l'Écossaise continue d'user de sa particularité pour aider la recherche. Désormais, "elle travaille avec des scientifiques du monde entier pour voir si elle peut sentir d'autres maladies telles que le cancer et la tuberculose".

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