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Grèce: comment l'incendie a dégénéré pour devenir "le plus grand jamais enregistré dans l'UE"

C'est l'équivalent de la ville de New York qui est parti dans les flammes. Depuis onze jours, le Grèce fait face à une série d'incendies ravageurs, dont l'un au nord-est du pays qui ne cesse de gagner en puissance. Il s'agit du "plus grand incendie jamais enregistré dans l'UE", comme l'a souligné un porte-parole de la Commission européenne.

Mais comment la situation a-t-elle pu dégénérer au point d'être comme "hors de contrôle"? Le premier élément est lié à la météo en Grèce où les chaleurs sont étouffantes depuis des semaines. Elles ne passent que rarement sous les 30°C en journée, et dépassent parfois les 40°C.

Theodoros Giannaros, chercheur grec spécialiste de l'environnement a expliqué à Euronews que ces températures couplées à la sécheresse et des vents forts a entraîné la formation de "grandes charges thermiques". Celles-ci ont fini par "exploser".

"Et par explosion, nous entendons que le feu, avec toute cette intensité, a commencé à se propager radicalement et à avoir un comportement extrême", a-t-il expliqué.

"Manque de moyens"

Cet ensemble de facteurs a permis un développement rapide des dizaines de départs de feux (souvent d'origine humaine) éparpillés à travers le pays, y compris à proximité d'Athènes. Un éparpillement qui rend difficile la tâche de contenir ou d'éteindre ces immenses incendies.

"La Grèce a clairement un problème de moyens humain et matériel", souligne le lieutenant-colonel Jérôme Bonnafoux. Selon lui, les moyens alloués sont moindres comparés à ceux des soldats du feu en France.

Autre problème, la topologie grecque, et notamment la myriade d'îles parfois très éloignées qui compose le pays. "Il est sûr que ce genre de distances pénalisent les efforts de lutte contre les incendies", pointe-t-il. Une situation similaire à celle du Canada où la très vaste étendue du territoire rend difficiles les interventions rapides au départ de l'incendie.

"Nous travaillons avec les pompiers locaux pour lutter contre les feux qui s’étendent sur 723.000 hectares. La région montagneuse est difficile d’accès", témoignent de leur côté les bénévoles de Pompiers de l'urgence internationale.

Les autorités grecques ont pourtant précisé lundi que 474 pompiers, une centaine de véhicules, sept avions et deux hélicoptères étaient mobilisés. Ce qui comprend du matériel et des renforts en provenance des pays européens, dont la France.

Des incendies irrépressibles?

La Grèce est-elle condamnée à partir en cendres? La situation semble pour le moins compliquée en l'état. "Lorsque nous parlons d'un incendie extrême qui se propage si rapidement, non, il n'est pas possible de le contenir", affirme Theodoros Giannaros.

Le chercheur pointe que ces "méga-incendies" ne peuvent être interrompus par l'Homme à partir d'un certain point. "Ce que nous pouvons faire, c'est investir dans la prévention" suggère l'expert. Et pour cause, ce type d'événements de grande ampleur est amené à se répéter.

"Il faut malheureusement se préparer à subir de plus en plus de méga-feux à cause du changement climatique, même en France", avertissait le CNRS en 2021 après les mégafeux d'Australie et d'Amazonie.

Seul espoir pour la Grèce: obtenir des moyens encore plus importants de ses voisins européens - notamment des bombardiers - et espérer qu'une météo plus favorable permettra de limiter le développement incontrôlable des incendies.

Article original publié sur BFMTV.com