Pour mon plus grand bonheur, le confinement a inversé les rôles traditionnels à la maison - BLOG

Erin Zimmerman

BLOG - L’après-midi touche à sa fin. Je suis chez moi, penchée sur mon ordinateur portable, dans une petite pièce à l’étage qui sert normalement de débarras, aujourd’hui convertie en bureau. La plupart des gens ont changé d’environnement de travail depuis un mois. Ma situation est légèrement différente. Je travaillais déjà à la maison, mais en dessous de cette pièce, dans un bureau ouvert que mes deux petites filles ont envahi depuis la fermeture de la maternelle et de la crèche.

Je suis cloîtrée ici pour leur échapper. Je peux entendre mon mari qui s’occupe d’elles, joyeux ou tendu selon leur comportement et leur humeur. Il est naturellement doué avec les enfants et il adore passer du temps avec ses filles, mais il n’a pas l’habitude de devoir s’occuper d’elles pendant des jours. Ses journées de travail sont longues et ses horaires irréguliers. Il est donc généralement absent quand elles rentrent de l’école, et le week-end, c’est souvent moi qui m’en occupe. Mais dans notre univers parallèle marqué par le COVID-19 et la distanciation sociale, il se retrouve propulsé père au foyer à temps plein, tandis que je subviens aux besoins financiers de la famille.

Mon revenu étant le moins élevé des deux, avant la pandémie, c’était toujours à moi de m’occuper des rendez-vous, des urgences ou des événements imprévus. Je suis loin d’être la seule femme dans ce cas. Ancienne chercheuse en biologie, je suis aujourd’hui rédactrice scientifique indépendante. J’adore mon travail et je ne demande qu’à accepter plus de projets et des missions plus importantes: des sujets complexes qui feront bouger les choses. Je suis ambitieuse, mais ma charge de travail doit rester suffisamment souple pour pouvoir absorber les imprévus du quotidien, comme les enfants malades, les jours de neige ou les grèves des professeurs.

Mon ambition a donc ses limites et certains petits incidents de la vie sont comme des piqûres de rappel. Je me souviens encore de l’enfer de la grippe intestinale du printemps...

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