Grand prix des lectrices : la sélection de décembre 2020

Clémentine Goldszal
·2 min de lecture

À mi-chemin, le cru 2021 du Grand Prix des Lectrices de ELLE s'affirme toujours plus curieux, divers et surprenant. Côté roman, surprise : les jurées ont boudé l'un des blockbusters de la rentrée littéraire (« Histoire de la nuit », de Laurent Mauvignier), lui préférant le très haletant « Arène », de Négar Djavadi. Le talent de scénariste de cette Iranienne, remarquée en 2016 avec son premier livre « Désorientale », n'a pas échappé aux lectrices qui se sont laissé happer, comme nous, par sa construction diabolique et son sens de l'intrigue. Plus poétiques, dans la catégorie document, les Mémoires impressionnistes de la Britannique Deborah Levy, qui s'interroge dans « Le Coût de la vie » sur le prix de la liberté pour une femme divorcée dans la fleur de l'âge, ont emballé notre jury (et à ELLE, on s'en réjouit). Enfin, peu ont résisté au prémonitoire « Contagion », de Lawrence Wright, et à son terrifiant virus qui ferait presque passer le Covid pour une « grippette ». 2021, les jurées n'ont peur de rien !

Le roman

« Prière de bien tenir les rênes afin de pouvoir arriver à bout de cette arène rocambolesque ! Ce roman dense s'inscrit parfaitement dans le contexte socio-politico-juridique actuel, à l'heure des effets boule de neige produits par le moindre surgissement du passé sur la Toile. Adoptant une narration omnisciente et kaléidoscopique, Négar Djavadi décrit minutieusement l'Est parisien. Elle dévoile ainsi ce qui bouillonne à l'arrière-plan de la ville, avant d'exploser le tout dans un jeu de dominos, comme si chacun dépendait réellement de l'autre et contribuait à son succès, à sa perte et souvent, à son meurtre. À cheval entre deux théories, l'une de Hobbes où l'homme est un loup pour l'homme, et l'autre de Sartre qui définit l'enfer dans notre rapport à autrui, l'auteure iranienne recoupe des cartes maintes fois rebattues pour essayer de rejouer différemment des sujets complexes, comme la question des réfugiés, des réseaux sociaux et des droits de l'homme, dans un pays développé comme la France. » Nada Daou « ARÈNE », de Négar Djavadi (Liana Levi, 426 p.).

Arene
Arene

Le document

« “La vie a volé en éclats. On essaie de se ressaisir et de recoller les morceaux. Et puis on comprend que ce n'est pas possible.” Aux premières pages de ce texte, Deborah Levy est déçue. Peut-on retaper, rapetasser, faire du vieux avec du neuf ? Ce n'est pas ce dont elle a besoin. À 50 ans, le compromis...

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