Grand Prix des lectrices : la sélection de mars 2021

Clémentine Goldszal
·2 min de lecture

Des jeunes ! Les trois élus de cette avant-dernière sélection ont moins de 40 ans, mais des CV à faire pâlir d'envie certains de leurs aînés. Coqueluche des lettres anglo-saxonnes, l'Irlandaise Sally Rooney a vendu des millions d'exemplaires de son deuxième roman, « Normal People ». Imaginez la fille naturelle de Françoise Sagan et de Lena Dunham, vous aurez une idée des prouesses que réussit cette fine chroniqueuse des mœurs de ses contemporains vingtenaires, qui tentent de vivre et d'aimer à l'ère numérique. Côté document, nos jurées se sont laissé étourdir par « Récits de la soif », de Leslie Jamison. Mi-essai, mi-Mémoires, ce livre intime et érudit ausculte les relations mythiques et compliquées qui lient grande littérature et alcoolisme. La promesse d'ailleurs, enfin, est ce mois-ci tenue par un exceptionnel polar sarde, « L'Île des âmes », de Piergiorgio Pulixi.

Le roman

« Impossible de reposer ”Normal People”, une fois qu'on a mis le nez dedans ! La romancière irlandaise Sally Rooney est maîtresse dans l'art d'accrocher sa lectrice et de lui faire adorer ses personnages en quelques instants. Comment ne pas s'attacher à Connell et Marianne, à la fois tourmentés et si touchants ? ”Normal People” se lit tout seul, on est si bien dedans… Mais derrière cette apparente simplicité se dissimule une histoire d'amour magnifique, pleine de ratés, de malentendus, mais empreinte d'une immense tendresse. Sally Rooney raconte à merveille les défauts, les blessures et les fiertés, et il me semble que chacun peut retrouver un peu de soi-même en Marianne et Connell. C'est une lecture réjouissante, nourrie d'intelligence et de délicatesse, qui parle de l'enfance, d'un amour sans limites, et de la difficulté de faire face à la vie quand on ne se sent pas armé pour. » Julia Duroy

« Normal people », de Sally Rooney, traduit de l'anglais par Stéphane Roques (Éditions de l'Olivier, 319 p.).

Le document

« Dès les premières pages, je me suis trouvée devant un mur apparemment infranchissable : cinq cents pages sur l'addiction, l'abstinence et la littérature. Mais bonne élève, je me suis lancée et suis vite devenue dépendante, retardant le moment d'arriver à la fin. L'auteure a écrit ce livre pour tous ceux qui tombent, se relèvent et trébuchent de nouveau… On y côtoie quelques buveurs mythiques du XXe siècle :...

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