Halte à l'hyper zapping

Claire Bauchart

Chaque salarié en open-space serait interrompu toutes les onze minutes. A l’ère du tout-numérique, le chercheur en neurosciences Michel Le Van Quyen, auteur de "Cerveau et silence : les clés de la créativité et de la sérénité" (Flammarion), rappelle les vertus essentielles du calme.

ELLE. Quelle influence du bruit sur notre santé ?

Michel Le Van Quyen. Le bruit est un problème générant une souffrance quotidienne, sans qu’il ne soit réellement pris en compte, notamment en France. Le seuil de risque pour l’audition est estimé à 85 décibels. A partir de 90, un niveau auquel sont exposés 11 % des Parisiens, nos capacités auditives sont en danger. Mais même des bruits plus faibles sont également susceptibles d’agresser l’organisme. Contrairement aux yeux, les oreilles, qui n’ont pas de paupières, sont toujours actives, même pendant le sommeil. Ainsi, le bruit d’un téléphone en pleine nuit, ceux du périphérique ou d’un avion, entraînent la sécrétion d’hormones liées au stress, tout en augmentant transitoirement la tension artérielle et le rythme cardiaque. Avec des conséquences sur la santé potentiellement irréversibles : les défenses immunitaires baissent et le risque de maladies cardio-vasculaires croît. D’ailleurs, selon l’Organisation mondiale de la santé, on dénombre quelque 10 000 décès prématurés par an en Europe à cause de ces petits bruits.

ELLE. La nuit, il vaut donc mieux couper son portable… Qu’en est-il au cours de nos journées ?

Michel Le Van Quyen. Nous évoluons dans une économie de l’attention : l’objectif des géants du Web est de nous solliciter en permanence. Résultat, nous vivons avec une sorte de bruit de fond numérique qui épuise nos cerveaux. C’est ce qu’explique...

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