Harcèlement scolaire : Nora Fraisse en a fait son combat

Emilie Poyard

Elle a la rage au ventre. Mais surtout elle veut comprendre l’impossible. Depuis que sa fille Marion, 13 ans, s’est donné la mort, Nora Fraisse déploie une énergie incroyable à tenter de briser le tabou du harcèlement scolaire. Nous l’avions rencontrée en février 2015. A l’occasion de la journée nationale contre le harcèlement scolaire, (re)découvrez le portrait de cette mère déterminée.

« J’ai perdu une fille, je suis une guerrière. » Elle, c’est Nora Fraisse. Quand nous la rencontrons, elle est en plein déménagement. Des années après le drame, il faut faire les cartons de la maison de Vaugrigneuse, dans l’Essonne. Prendre un nouveau départ, loin de ce collège où le nom de Marion est « tabou » désormais. Marion, 13 ans, a été victime de harcèlement scolaire. Dans le silence des couloirs, près des casiers, dans la cour. Bousculée, insultée, propulsée souffre-douleur.  Des appels aussi, SMS et publications sur Facebook tombant sans relâche. Un tourbillon infernal auquel la jeune fille mettra un terme le 13 février 2013. Ce jour-là, Marion se pend avec un foulard. Juste à côté d’elle, son téléphone portable, pendu également. Marion laissera deux lettres au collège, l’une avec les noms de ses harceleurs. L’autre intitulée « Mes meilleurs souvenirs avec vous », une simple page blanche.

Le choc pour ses parents. Nous sommes la veille de la Saint-Valentin, les gendarmes pensent alors à une histoire de cœur. Il n’en est rien. Depuis, Nora Fraisse tente de reconstituer les dernières semaines de Marion. Elle va de découverte en découverte. Une quête qu’elle raconte dans « Marion, 13 ans pour toujours »*, publié en janvier 2015. Elle découvre ainsi que Marion cachait son « vrai » carnet de correspondance, avait ouvert un compte Facebook en secret et que ses amis peu à peu l’ont lâchée.  Nora Fraisse...

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