Hervé Guibert par Constance Debré : “Je l’aime et je ne l’aime pas”

Constance Debré
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© Marie Rouge/Flammarion
© Marie Rouge/Flammarion

“J’ai un problème avec Guibert. Je l’aime et je ne l’aime pas. Je l’aime parce qu’il dit je et qu’il est pornographe. Ça me semble la base quand on écrit. Sinon on ne dit rien. A mon avis. Surtout que c’était nécessaire à l’époque de dire je. Puisqu’on nous rabâchait que c’est mal élevé de dire je, dans les familles bourgeoises et dans la littérature (ça continue), alors autant y aller à fond et dire je et dire je baise. Et qui et comment. Surtout quand on est homosexuel et qu’on nous disait que c’était mal élevé d’être homosexuel (maintenant c’est la base d’être homosexuel).

Donc de ce point de vue, Guibert c’est important. C’est beau même souvent. Le Mausolée des amants, Fou de Vincent, Les Chiens, c’est très beau, très important pour un écrivain comme moi qui dit je et qui parfois parle de sexe. Mais je n’aime pas Guibert. Je ne l’aime pas parce qu’il est morbide. Même avant le sida. Il est morbide dans ses goûts, dans la façon qu’il a de parler de lui, d’amour, d’homosexualité. Il est l’homosexualité morbide et malheureuse. L’homosexualité comme une punition, un chemin de croix, une perversion, une névrose, une maladie, l’homosexualité tragique.

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