Hervé Guibert, l’écrivain de la vérité

Nelly Kaprièlian
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© Hans Georg Berger (photo extraite du livre “Hervé Guibert: un amour photographique”, de Hans Georg Berger, éditions Le Quai et Michel de Maule)
© Hans Georg Berger (photo extraite du livre “Hervé Guibert: un amour photographique”, de Hans Georg Berger, éditions Le Quai et Michel de Maule)

Trente ans après sa mort, le 27 décembre 1991, trente et un ans après la parution de son œuvre majeure, A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie, quelle place occupe Hervé Guibert dans le champ littéraire ? Un frisson entoure le nom de celui qui incarne, presque en un seul roman, ce qui semble inconciliable, un corps au double visage, sublime de sensualité et angélique puis décharné et le regard paniqué : Eros et Thanatos. Lovés dans les bras l’un de l’autre.

Et bientôt, Eros rongé par Thanatos, à moins que ce ne soit l’inverse – Eros appelant Thanatos de tout son corps pour culminer dans sa jouissance, donc son désir, et dès lors atteindre l’apogée de sa vie. La maladie, le corps malmené par elle, la mort, c’est comme si Guibert en avait eu la prémonition avant même d’apprendre sa propre séropositivité à 32 ans, en 1988, et bien avant d’écrire ce qui restera comme le manifeste de sa littérature, de son style, et l’imposera au grand public en en faisant une icône et un martyr.

Depuis ses débuts, toute l’œuvre d’Hervé Guibert est hantée par la mort. D’abord ses titres – La Mort propagande, en 1977, son premier livre et recueil de nouvelles, L’Image fantôme, en 1981, ou Vous m’avez fait former des fantômes, en 1987 –, et certains de ses thèmes (torture, décrépitude, violence) ou son goût pour le profane (moral, littéraire) à la limite du morbide, jusqu’à flirter parfois avec le fantastique et le gothique (Les Lubies d’Arthur,

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