“Hold-up” : pourquoi l’indifférence à la vérité a gagné du terrain

Mathieu Dejean
·2 min de lecture
(capture d'écran via Thana TV sur Youtube)
(capture d'écran via Thana TV sur Youtube)

Rarement un film aura aussi bien porté son nom. Depuis sa sortie le 11 novembre, le documentaire Hold-up semble avoir réalisé une sorte de séquestration indirecte de l’espace médiatique, qui s’interroge en longueur et à raison sur cet “autre virus” qui se répand à une vitesse inquiétante : celui du complotisme. Réalisé par l’ancien journaliste Pierre Barnérias, et éloquemment sous-titré “Mensonges, corruptions, manipulations : retour sur un chaos”, Hold-up a en effet été visionné des centaines de milliers de fois. En dépit de son retrait de la plateforme Vimeo, où il était disponible à la location, le film réapparaît de manière irrépressible sur différents réseaux où il est en accès libre (des extraits sont même diffusés sur Instagram et Snapchat, touchant un public jeune).

Le documentaire fait intervenir 37 protagonistes, souvent présentés comme des expert·es : de Christian Perronne, chef de service des maladies infectieuses à l’hôpital Raymond-Poincarré de Garches (Hauts-de-Seine), au directeur de la publication de France Soir (titre qui n’a plus rien de journalistique), Xavier Azalbert, en passant par l’ancien ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy et la sociologue Monique Pinçon-Charlot, qui ont apporté leur crédit au film avant de s’en désolidariser a posteriori. Pendant 2h45, ils sont filmés sur fond noir et leurs paroles s’enchaînent quasiment sans respiration, avec une musique dramatique en sourdine. Comme l’ont montré plusieurs articles (Libération, Le Monde), de nombreuses contre-vérités sont assénées sans contradictoire, et avec l’approbation de la voix off, tout à sa démonstration. Celle-ci peut se résumer ainsi : la crise du Covid-19 n’est qu’une vaste supercherie mondiale ourdie par Bill Gates, David Rockefeller et Jacques Attali, pour “réinitialiser le système financier”, quitte à transformer “la planète entière en salle d’expérimentation”.

“Le discours officiel était en décalage avec la réalité”

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