A Hong Kong, les tensions sociales à l’origine de stress post-traumatique

Jimmy-Siu/Shutterstock.com

Une étude révèle qu’à Hong Kong, depuis le début des mouvements pro-démocratie en 2019, les cas de stress post traumatique sont en nette hausse. Ainsi, un tiers des plus de 18 ans serait concerné. Les dépressions ne sont pas en reste.

Ces nouvelles estimations, publiées dans la revue The Lancet, suggèrent que la prévalence de la dépression était cinq fois plus élevée pendant les troubles sociaux de 2019 par rapport à la Révolution des parapluies de 2014.

Les symptômes du syndrome de stress post-traumatique quant à eux étaient six fois plus élevés (passant d’environ 5% en mars 2015 à près de 32% en septembre-novembre 2019).

A l’origine de ce constat, des chercheurs de l’Université de Hong Kong. Ils ont pour cela analysé les données de 18 000 résidents pris au hasard et comparées à un échantillon représentatif. Les auteurs expliquent que leurs chiffres sont comparables à ceux observés à la suite de catastrophes à grande échelle, de conflits armés ou d’attaques terroristes. « Les adultes qui utilisent les réseaux sociaux pendant plus de deux heures par jour pour suivre les actualités et les événements sociopolitiques semblent être les plus à risque. »

Une situation difficile à gérer

Les médecins soulignent une difficulté supplémentaire : « les prestataires de soins mentaux devraient se préparer à une augmentation potentielle de 12% de la demande. » Or « Hongkong ne possède que la moitié de la capacité de psychiatrie par habitant du Royaume-Uni et des délais d’attente moyens dans le secteur public peuvent aller jusqu’à… 64 semaines ». Les auteurs appellent donc à « une amélioration rapide des systèmes de soins pour que chacun ait accès à une prise en charge de qualité. »