Incidents OM-OL : un Marseillais en détention provisoire, un autre sous contrôle judiciaire

Incidents OM-OL : un marseillais en détention provisoire, un autre sous contrôle judiciaire 
 (Photo des pompiers devant le bus de l’OL caillassé le 29 ctobre 2023)
CHRISTOPHE SIMON / AFP Incidents OM-OL : un marseillais en détention provisoire, un autre sous contrôle judiciaire (Photo des pompiers devant le bus de l’OL caillassé le 29 ctobre 2023)

FOOTBALL - Déférés en comparution immédiate pour l’attaque d’un car de supporters lyonnais dimanche 29 octobre au soir, un supporter de l’Olympique de Marseille a été placé ce mardi 31 octobre en détention provisoire et un autre sous contrôle judiciaire dans l’attente de leurs procès respectifs.

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Accusé de violence, jet de projectile et dégradation lors des incidents ayant entraîné l’annulation du match OM-OL dimanche, le premier, un supporter marseillais âgé de 22 ans, restera derrière les barreaux jusqu’à son procès prévu le 23 novembre.

Le second prévenu interpellé dimanche, âgé de 50 ans, déféré pour les mêmes chefs devant le tribunal judiciaire de Marseille, est lui ressorti libre dans l’attente d’une audience fixée au 23 janvier.

Pierre et fumigène

Leurs avocats avaient tous deux demandé un renvoi, « pour préparer (leur) défense et dans un souci d’apaiser les choses », avait expliqué avant l’audience Me François Defendini, avocat de Patrice G., 50 ans.

Cadre, père de trois enfants, employé depuis 23 ans dans une enseigne d’électroménager, ce dernier a reconnu avoir envoyé un fumigène vers le car lyonnais, affirmant cependant avoir répliqué à des tirs lyonnais.

Thomas S., 22 ans, abonné du virage Nord, magasinier et cariste depuis deux ans et demi dans la même société, « bien inséré » selon son conseil, Me Sandrine Prospéri, a également admis avoir lancé une pierre. Mais uniquement parce qu’il venait de la recevoir sur le pied.

« On n’est pas sur des faits anodins »

La procureure a fait une distinction entre les deux hommes, requérant le placement en détention du plus jeune « pour empêcher le renouvellement de l’infraction » lors des « nombreux matches » à venir : « Quand il est interpellé, il est encagoulé, il tient à la main une ceinture de cuir... Il n’est pas là par hasard », a-t-elle pointé. « On n’est pas sur des faits anodins mais des faits de violence. »

Pour Patrice G., en revanche, « nous ne sommes pas dans un contexte de violence préméditée », a-t-elle estimé, requérant seulement « un contrôle judiciaire assez strict, avec interdiction de stade et obligation de pointer ».

Le tribunal a assorti son contrôle judiciaire de deux obligations : ne pas se rendre dans certains lieux comme le stade Vélodrome et le boulevard Michelet, voisin de l’enceinte sportive, et pointer à la gendarmerie à la mi-temps de tous les matches de l’OM, y compris à l’étranger.

Trois enquêtes ont été ouvertes en lien avec les événements avant le match Marseille-Lyon : pour le caillassage du bus de l’OL, lors duquel l’entraîneur lyonnais Fabio Grosso a été sérieusement blessé au visage, pour celui d’un car de supporters lyonnais et enfin pour les saluts nazis et les cris de singes lancés par des supporters de l’OL vers les Marseillais à l’intérieur du stade.

Rejouer le match en terrain neutre

L’OL a réclamé mardi des sanctions après ces graves incidents et souhaite que le match soit rejoué sur terrain neutre. « Aujourd’hui les conditions de sécurité pour jouer à Marseille ne sont pas réunies. Il faudrait donc jouer sur un terrain neutre », a déclaré le directeur général du club, Vincent Ponsot, sur l’antenne d’OL Play.

« On souhaite rejouer le match, les joueurs n’y sont pour rien. Tout comme nos joueurs n’y étaient pour rien quand la bouteille a été lancée au Groupama Stadium (sur Dimitri Payet, alors à Marseille, en novembre 2021, NDLR), même si on les a sanctionnés sportivement », a-t-il poursuivi. « Ce qu’on veut, c’est que la sécurité de nos joueurs soit garantie. Ils sont là pour jouer au foot et nous ce qu’on demande, c’est qu’ils ne se prennent pas un parpaing sur la tête », a-t-il dit.

S’exprimant lui aussi sur OL Play, le directeur général adjoint de l’OL, Xavier Pierrot, a indiqué que des plaintes seraient déposées dans les prochains jours.  « La plupart des plaintes de Fabio Grosso et des membres de l’encadrement vont être déposées jeudi, celles du club seront déposées avant », a-t-il précisé.

L’objet de ces plaintes contre X, a-t-il dit, vise à fournir un « dossier solide » à la justice. Lorsque les auteurs des faits auront été identifiés, « nous déposerons plainte nominativement contre ces personnes ».

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