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Inde: le financement anonyme des partis politiques au cœur des auditions de la Cour suprême

AP - Altaf Qadri

Les citoyens ont-ils le droit de savoir qui finance leurs partis politiques ? En Inde, c’est cette question qui est au centre d’importantes auditions à la Cour suprême. Plusieurs associations y contestent en effet une loi qui permet à ces dons politiques d’être complètement anonymes. Ce qui, selon elles, est un danger pour la démocratie.

Avec notre correspondant à New Delhi, Sébastien Farcis

Le gouvernement a créé il y a six ans des bons électoraux pour le financement des partis politiques. Comme ces bons doivent être achetés à une banque publique, cela était présenté comme un moyen de réduire l’utilisation du liquide en politique. Mais ces dons sont surtout devenus anonymes.

Ce qui est dangereux, comme l’explique Jagdeep Chhokar, fondateur de l’association pour la réforme démocratique, qui conteste ce système devant la Cour suprême. « Si les dons politiques sont complètement secrets, cela perturbe le fonctionnement de la démocratie, car on ne sait plus si les décisions prises par le parti au pouvoir le sont pour contenter ses donateurs ou pour l’intérêt général, estime-t-il. Aussi, comme c’est une banque publique qui reçoit ces fonds, le parti au pouvoir peut savoir qui sont les donateurs et faire pression sur eux pour qu’ils ne financent pas l’opposition. »

Le parti du BJP au pouvoir a en effet énormément bénéficié de cette réforme, en recevant 57% des dons fournis par ce système depuis cinq ans. Le reste a été réparti entre 30 autres partis politiques.


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