Les inégalités hommes-femmes au travail persistent en France comme ailleurs

Salaires, promotions, parité dans les plus hauts postes... les inégalités entre hommes et femmes sont aussi visibles au travail.

La journée internationale des droits des femmes est l’occasion de faire le point sur les inégalités. Entre écarts de salaires, temps partiels subis et manque de diversité au plus haut niveau, le monde du travail n’y échappe pas. 

Les inégalités entre les hommes et les femmes sont loin d’avoir disparues. Et le monde du travail en est la parfaite illustration. Selon une étude, publiée le 4 mars, la France serait, sur ce sujet, plutôt une bonne élève. Du moins au vu du nombre de femmes au conseil d’administration dans les très grandes entreprises. Le cabinet Equileap a passé au crible 255 sociétés dans dix pays européens. Parmi les 20 mieux notées, dix sont françaises. Le podium est occupé par L’Oréal, Kering et Sanofi.

Plus de femme au CAC 40

Ce classement s’explique en partie par le fait que les femmes françaises sont plus nombreuses à travailler que dans d’autres pays européens. Dans les faits, la France est bien loin de la perfection. Aucune entreprise du CAC 40 n’est dirigée par une femme depuis qu’Isabelle Kocher n’a pas été renouvelée à la tête d’Engie, le 6 février dernier. 

Dans une interview accordée au Parisien, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a d’ailleurs épinglé plusieurs cancres parmi les sociétés françaises, comme “Go Sport” ou “De Richebourg”. Plus généralement, elle reconnaît que les inégalités se traduisent aussi au niveau du salaire. “Dans près d’une grande entreprise sur deux, dans les dix plus hautes rémunérations, il y a neuf hommes ou plus…”, précise-t-elle au quotidien.

Différence de salaire toujours marquée

Malgré leurs bons résultats dans la dernière étude, les entreprises de l’Hexagone ont donc encore beaucoup de chemin à parcourir, tout comme celles du reste de l’Europe . “Pour 90% des sociétés européennes que nous avons examinées, nous n’avons pas trouvé de stratégie pour réduire les écarts de salaires”, a commenté Diana van Maasdijk, cofondatrice du cabinet Equileap, auprès de l’AFP

Selon les derniers chiffres de l’Insee disponibles, dans l’Hexagone, le salaire annuel médian était de 16 850 euros chez les femmes et 20 100 euros chez les hommes. Un écart qui fait dire chaque année, à l’association Les Glorieuses, que les femmes travaillent bénévolement à partir du début du mois de novembre.

Un classement pour l’égalité

Les inégalités se jouent aussi sur les emplois à temps partiel subis. En 2018, le taux de femmes en temps complet était de 71,2% alors qu’il grimpait à 92,2% chez les hommes. Un écart encore plus marqué chez les couples avec enfants, montrant bien que les mères ont plus tendance à occuper des temps partiels que les pères. Si 93,8% des hommes en couple avec enfant occupait un emploi à plein temps en 2018, ce n’était le cas que de 68,1% des femmes dans les mêmes conditions. 

Le gouvernement a donc tenté de se lancer dans la bataille, déclarant l’égalité entre les femmes et les hommes grande cause nationale” du quinquennat et créant un Index de l’égalité salariale femmes-hommes. Cette note, sur 100, est calculée selon plusieurs critères, parmi lesquels les salaires, les promotions, la parité chez les managers… Si une entreprise obtient un résultat inférieur à 75, elle dispose de trois ans (!) pour corriger le tir. Depuis le 1er mars 2020, toutes les sociétés de plus de 50 salariés sont concernées. L’avenir dira si ce système est efficace.

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