Instinct paternel : il existe aussi !

Sophie Carquain

Les femmes n’ont pas le monopole en matière d’amour instinctif pour leurs enfants. Les hommes le ressentent aussi. Il est temps de rétablir l’égalité entre les sexes dans ce domaine.

Si l’instinct maternel semble une évidence, pourquoi « instinct paternel » sonne-t-il toujours étrangement à l’oreille ? La sociologue Christine Castelain-Meunier* détricote ce mythe de l’amour spontané. « On voudrait nous faire croire que, depuis la nuit des temps, ce sont les mères qui en sont dotées par la grâce naturelle. Rien de plus faux. Les archéologues et anthropologues affirment aujourd’hui à quel point le cliché de l’homme préhistorique, macho, chassant le mammouth, alors que sa femme câline le bébé dans la grotte, est faux ! Au néolithique, les peuples se déplaçaient en tribus et les hommes tout comme les femmes prenaient soin des plus fragiles : les infirmes, les vieillards et les bébés. »

La distribution genrée des rôles est culturelle

L’Histoire, d’après la sociologue, illustre le déclin de cet instinct. Quand les peuples se sont installés, ils se sont organisés  : l’homme est devenu chef de famille, tandis que la mère a été cantonnée à l’intérieur avec les enfants. Le facteur économique a donc joué en faveur d’une distribution genrée des rôles. » La religion catholique a « enfoncé le clou » dès le xiie  siècle : « L’homme était le représentant du roi, qui est lui-même le représentant de Dieu », note la sociologue. A lui la raison, l’accès au langage. A la femme la nature, l’animalité, le soin aux tout-petits… Le mythe de l’instinct maternel apparaît alors dans toute sa splendeur. « Mais donner la vie n’impliq...Lire la suite sur Femina.fr

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