INTERVIEW- Anne Sinclair: "Pierre Nora m'a sauvé la vie"

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Elle s’était juré de ne jamais écrire ses mémoires. Alors elle l’admet : "Publier cet ouvrage m’oblige à manger mon chapeau." La voilà tête nue à 72 ans. Cela lui va bien. Anne Sinclair se refuse à l’impudeur, mais fait la promesse de la sincérité et la tient. Dans ce livre digne et émouvant, elle recompose son passé, évoque son enfance, les 7/7 qui l’ont marquée et consacre un chapitre (l'avant-dernier) aux épreuves qui l’ont écorchée. Elle ne dit pas tout, nomme rarement Dominique Strauss-Kahn (DSK), mais ne planque rien sous le tapis…

Pourquoi vous étiez-vous interdit d’écrire vos mémoires ?

A.S.: Je m’étais promis de résister à cet exercice mais l’envie m’est venue après Rembob’Ina, l’émission de Patrick Cohen sur LCP, qui m’a fait revisiter des 7 sur 7 d’il y a vingt ans. J’ai alors pensé qu’il me fallait raconter aussi la femme, la mère. Et puis je me suis dit : "Si tu ne racontes pas le chapitre qui a ému et passionné les gens il y a dix ans, on dira que tu exagères."

Les hommes politiques n’osaient pas vous interrompre !

A.S.: On peut être directe sans être insolente et le sourire désamorce l’agressivité. Je faisais partie d’une minorité avec Claire Chazal et Christine Ockrent. D’abord surpris de se faire couper la parole par une femme les hommes politiques ont dû s’y faire !

Avez-vous un regret en 500 émissions de 7/7 ?

A.S.: Celui d’avoir donné la parole à peu de femmes. Il faut dire qu’elles étaient rares dans la vie publique et politique. J’ai interrogé des comédiennes, (...)

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