Interview sans filtre : « La maternité en prison », avec Marie-Annick Horel

Accouchement en prison, séparation à la naissance, visites des enfants… Dans l’imaginaire collectif, de nombreux fantasmes persistent sur ces sujets. Pourtant, la prise en charge de la grossesse, puis de la maternité en prison ont fortement évolué depuis plusieurs décennies. Depuis la fin des années 90, le système d’accueil de l’enfant en milieu carcéral a été amélioré. Il permet une meilleure prise en charge des femmes enceintes, améliore leurs chances de réinsertion et garantit à l’enfant un meilleur développement, d'abord aux côtés de sa mère, puis à l'extérieur du Centre pénitenciaire.

Marie-Annick Horel, ancienne surveillante au Centre pénitentiaire de Rennes, et autrice de « Au cœur de la prison des femmes » (éd. Taillandier, 18, 90 €), nous présente ces lieux qu’on appelle les quartiers Mère-enfant, ou nurseries.

Quelques chiffres…

Au 1er janvier 2022, la France recensait 69 500 détenus. Seulement 3,5% de cette population carcérale étaient des femmes1. Certaines d'entre elles sont mères, ou le sont devenues en prison. Aujourd’hui, l’accueil de l’enfant en nurserie est réglementé par la circulaire du 18 août 1999 d’Elizabeth Guigou. En septembre 2017, on comptait 75 places en nurserie, réparties sur 29 établissements pénitentiaires. Au Centre Pénitentiaire pour Femmes (CPF) de Rennes, 5 places en nurserie étaient disponibles avant sa fermeture pour travaux, en 2019.

Selon le psychologue, psychanalyste et directeur de la Fédération des relais enfants-parents à Montrouge...

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