INTERVIEW – "La terreur reste" : le témoignage de Florence Hirigoyen, victime d'inceste

Capture d'écran Femme Actuelle

En France, 160.000 enfants sont victimes de violences sexuelles. Dans l'immense majorité des cas, les faits se produisent dans le cercle familial, selon un rapport de la Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise). Ces attouchements, agressions sexuelles et viols passent, très souvent, sous les radars de la justice, en raison d'une absence de plainte ou de preuves. D'autant que ces mineurs peuvent être trop jeunes pour prendre conscience de la maltraitance dont ils sont victimes, et mettent parfois des années, voire dizaines d'années, à exhumer les souvenirs de leur inconscient. La mémoire, mise en sommeil par une "amnésie ou dissociation traumatique", peut se réveiller à la faveur d'un événement anodin. "Je savais que ça m'était arrivé, mais comme je n'avais pas de souvenirs, comme les souvenirs ne sont revenus qu'à 30 ans, je ne pouvais pas argumenter, je me croyais folle", se remémore Florence Hirigoyen, victime d'inceste et autrice d'un roman-photo consacré à son enfance, auprès de Femme Actuelle, jeudi 17 novembre 2022.

Dans son livre La maison de poupée (Les Arènes), Florence Hirigoyen illustre pudiquement son enfance marquée par les viols de son père. Malgré les décennies passées, "la terreur reste", nous explique cette orthophoniste de 52 ans, victime à l'âge de 4 ans, pendant "un an ou deux". Alors, la petite fille s'éteint, tente de mettre fin à ses jours à plusieurs reprises par des moyens vains ("des ruisseaux où on (...)

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