Intestins irritables : comment reconnaître la pathologie ?

Lise Bouilly

On l'appelle le syndrome de l'intestin irritable (SII) ou du côlon irritable (SCI), ou encore colopathie fonctionnelle. Ce trouble fréquent, aujourd'hui considéré comme une maladie, touche entre 10 et 20 % des populations occidentales, et notamment les femmes. Une maladie invisible – les examens médicaux réalisés sont normaux et l'on ne trouve pas d'anomalies expliquant les symptômes –, mal comprise, et à laquelle la recherche s'intéresse peu. Or la souffrance des personnes concernées est réelle et il existe des moyens pour la soulager. Notre expert : Le Pr Jean-Marc Sabaté, gastro-entérologue et chercheur à l'Inserm, spécialiste de la prise en charge du syndrome de l'intestin irritable.

Vous ressentez des douleurs abdominales, des troubles du transit (plutôt des diarrhées, parfois de la constipation, ou l'alternance des deux) associés à une modification de la consistance et de la forme des selles, et des ballonnements ? Souffrez-vous pour autant du syndrome de l'intestin irritable ? « Selon les derniers critères de Rome*, qui datent de 2016, le diagnostic du SII repose aussi sur la fréquence des épisodes de douleurs, qui doivent survenir plus d'une fois par semaine depuis au moins six mois », répond le Pr  Jean-Marc Sabaté. Le problème : ces symptômes sans lésions apparentes sont souvent jugés bénins par les médecins et entraînent une longue errance diagnostique.

20 % de formes sévères

« On propose souvent aux patients de nombreux examens inutiles et coûteux (scanners, échographies abdominales…), qui ne les rassurent pas forcément puisque aucune cause n'est trouvée. Ainsi, les gens sont seuls avec leurs symptômes. » Or 20 % des malades présentent une forme sévère du SII : « Ils ont une qualité de vie aussi altérée que des patients qui souffrent d'une maladie chronique comme la maladie de Crohn, un diabète insulinodépendant ou une insuffsance rénale. En cause : les douleurs, mais aussi les diarrhées quotidiennes, qui impactent la vie sociale, professionnelle, sexuelle… », indique le Pr  Sabaté.

Aucun test pour affirmer un diagnostic

« Le SII peut toucher des adolescents, des adultes,...

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