Isabelle Huppert : « Je suis toujours étonnée que l'on s'intéresse à moi »

Anne Michelet

Isabelle Huppert peut tout jouer et le prouve une nouvelle fois avec éclat dans « la Daronne », de Jean-Paul Salomé, tandis qu'elle est aussi sur la scène du Théâtre de l'Odéon dans « la Ménagerie de verre », de Tennessee Williams. Conversation avec une femme brillante et incontournable.

Aviez-vous lu le livre d'Hannelore Cayre dont est adapté ce film ? Isabelle Huppert - Hannelore Cayre avait obtenu le Prix Le Point du polar européen 2017 et je l'avais acheté après en avoir entendu parler sur France Culture. J'ai tout de suite vu en Patience un personnage très cinématographique, très visuel avec son déguisement. Quand Jean-Paul Salomé, que je croisais souvent lorsqu'il était président d'UniFrance, m'a parlé de ce livre auquel il s'intéressait, ça a été une pure et heureuse coïncidence. A l'écriture du scénario, nous avions à cœur, lui et moi, que ce soit un vrai portrait de femme. La Daronne raconte le parcours de Patience Portefeux, qui se transforme en destin : elle a été patiente une grande partie de sa vie avant de devenir impatiente !

Le film s'appuie sur vous du début à la fin. N'était-ce pas trop pesant ?
Isabelle Huppert - Ce genre de rôle très vaste, qui va du polar à la comédie, puis au portrait de femme, permet d'avoir la main sur le film et c'est presque plus facile. J'ai pu aller dans tous les recoins possibles et imaginables de l'âme secrète de Patience. Car Patience a beaucoup de secrets.

On sent que vous vous êtes amusée à composer cette femme…
Isabelle Huppert - Composer, c'est le mot qui convient. C'est une symphonie à elle toute seule, car elle a aussi son lot d'opacité et de profondeur. Elle veut se sortir d'une situation diffcile et d'un passé douloureux. Patience a été veuve jeune,...

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