Jacques, atteint d'Alzheimer : "Je fais tout ce que je peux pour ralentir l’évolution"

Anne-Charlotte Compan

"C’était en décembre 2017. Je me suis aperçu que, quand je m’adressais à quelqu’un que je connaissais, il m'arrivait souvent de ne pas réussir à retrouver son nom. Je me suis rendu à l’hôpital Lariboisière à Paris pour passer des examens. Les choses sont allées relativement vite. Quand le diagnostic de la maladie d’Alzheimer est tombé, c’est un peu comme si je dégringolais du ciel. J’étais avec ma fille et nous nous sommes mis à pleurer tous les deux. Depuis, je fais tout ce que je peux pour ralentir son évolution. Ce qui me gêne le plus, c’est que j’ai du mal à parler. Je vois un orthophoniste deux fois par semaine et je me sers d’une application d’entraînement cérébral. Je me tiens au courant de l’actualité grâce à internet et participe régulièrement à une émission de radio avec France Alzheimer. Et afin de garder la forme, je m’entraîne au ping-pong une fois par semaine. Je participe aussi aux rencontres qu’organise la mairie de Colombes et aux sorties de France Alzheimer, et je téléphone à mes amis pour garder l’esprit vif. En revanche, j’ai arrêté de noter les mots dont je ne me souvenais plus : il y a en a trop et ça ne sert plus à rien… Quand je veux me faire comprendre, je décris l’objet ou la personne et généralement, ça fonctionne. Bref, je me bats le plus possible. Mais j’ai beau aimer rigoler et profiter de la vie, ça reste difficile. Même si je n’ai pas peur vingt-quatre heures sur vingt-quatre, je ne peux parfois pas m’empêcher de penser au moment où je serai assis (...)

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