James Webb a repéré du CO2 dans l’océan d’Europe, la lune glacée de Jupiter, et c’est très intrigant

Le satellite glacé n’a pas fini de fasciner.
NASA Le satellite glacé n’a pas fini de fasciner.

ESPACE - Comme toujours, il faut se garder de toute conclusion hâtive. Mais la dernière observation du télescope James Webb, le 21 septembre, a de quoi nourrir les théories les plus audacieuses sur la possibilité de vie ailleurs que sur Terre. Europe, la lune glacée de Jupiter, renfermerait du dioxyde de carbone : un élément crucial à la respiration des êtres vivants.

Europe passionne depuis longtemps les astronomes. On sait que ce petit satellite naturel, sous une épaisse couche de glace, contient un gigantesque océan d’eau salée, à l’état liquide donc. Pour les scientifiques, il s’agit déjà d’une donnée très excitante, un milieu où potentiellement la vie pourrait se développer, profitant notamment du phénomène des marées (sous l’effet de la gravité de Jupiter) pour s’enrichir de sels minéraux contenus dans la roche.

Un élément de plus en faveur de la vie

Mais ce n’est pas tout : si Europe ne bénéficie pas de l’énergie de rayons du soleil pour mettre en route des mécanismes essentiels comme la photosynthèse, le « carburant » de son hypothétique biosphère pourrait être ailleurs. Les radiations qui émanent de Jupiter, si elles sont fatales pour toute forme de vie en surface, ont une action bien différente dans l’eau. En cassant les molécules d’eau, elles créent de l’hydrogène, et surtout de l’oxygène… Un gaz utile à l’existence de la vie.

Alors, qu’ajoute la détection de CO2 à cette équation déjà intrigante ? Un degré de complexité supplémentaire aux éléments chimiques présents dans l’atmosphère d’Europe, en plus d’une brique nécessaire à la vie. Les analyses ont déjà montré que ce dioxyde de carbone ne proviendrait pas de l’extérieur (donc d’une météorite) mais bien de l’astre lui-même, ce qui est encore un voyant au vert dans la quête de conditions propices à la vie.

Bien sûr, l’existence de crevettes made in Europe, ou même de simples bactéries primitives, reste une immense conjecture. Pour en avoir le cœur net, ou au moins des impressions beaucoup plus fiables, il faudra attendre l’enquête de la mission JUICE. Lancée en avril, elle survolera Jupiter et ses lunes glacées entre 2031 et 2035.

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