Jean-Christophe Meurisse : “La France a assouvi un désir de passion policière…”

Fabienne Arvers
(Philippe Lebruman)

#OnResteOuvert : Fermons nos portes, pas nos esprits !

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Nous sommes sortis de deux mois de confinement. Comment vas-tu ?

Jean-Christophe Meurisse - C’est complexe. Après avoir traversé plein d’états, je me projette un petit peu. Comme d’habitude, je commence à rentrer en résistance par rapport à pas mal de choses qui me paraissent absurdes. Donc, j’avance. Je suis comme les rats, je m’adapte et j’avance. Moi, le confinement, ça ne m’a rien apporté. Je me suis senti vraiment privé de beaucoup de choses, mais ça ne m’a pas permis de me dire : “Tiens, je me suis rapproché des miens.” Non, je suis tout le temps proche des miens, de ceux que j’aime. Je n’ai pas redécouvert mes enfants ni mon épouse, ni mes amis, ni mon frère, ma sœur. Je suis très proche d’eux tout le temps. Les gens créatifs ont l’habitude d’être en confinement. Quand on écrit, quand on répète, c’est une sorte de très grand confinement. J’ai été éponge par rapport à l’état du monde, mais personnellement, je peux rentrer en confinement pendant un mois ou deux quand j’écris un scénario ou quand je pense à une pièce, que je répète.

Tu parles de confinement volontaire lié à une étape de création. Mais celui qu’on vient de vivre sans l’avoir choisi, à l’échelle internationale pour une raison pandémique, comment l’as-tu vécu ?

Je pense qu’on est une société malade et s’il était normal de réagir face à cette pandémie - qui est certes dangereuse - avec ce virus qu’on ne connaît pas et qui a causé un nombre considérable de morts, je pense quand même que les réactions ont été disproportionnées. Il y a quelque chose de l’ordre du délire, pour moi. De l’ordre de la panique et comme on est dans une société malade, la réaction a été un peu folle. On aurait très bien pu faire attention à nos modes de vie pour ne pas encombrer les services hospitaliers. On aurait pu faire autrement. Je regarde les Suédois et je ne sais pas ce que vont être leurs résultats au bout du compte, mais leur projet a consisté à rendre responsables les gens.

Que penses-tu de la gestion de la crise par les pouvoirs publics en France ?

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