Jean-Paul Gaultier : "Je voulais mettre fin à ce rythme effréné"

Exclusif. Après 50 ans de carrière, le couturier a fait ses adieux à la mode lors d'un show fabuleux. Paris Match était dans les coulisses pour un entretien exclusif.

Jean-Paul Gaultier porte un tee-shirt marin et une combinaison de bleu de travail « parce que je suis un travailleur, un artisan », me dit-il à quelques heures du dernier show. Le couturier a choisi le Théâtre du Châtelet pour ultime écrin de sa révérence. Dans un ballet de pantomime, sourcils mobiles, mains virevoltantes, bonne humeur et sourire jusqu’aux oreilles, il dirige avec maestria la séance des répétitions. A Cindy Bruna, mannequin star, il explique, à l’aide de grands gestes, l’attitude à adopter pour son passage. Ses yeux couleur océan brillent d’enthousiasme. Ils disent tout de son engagement à orchestrer son petit théâtre de la mode. En backstage, 230 silhouettes, 150 mannequins, ses muses, ses amis. Aux étages qui mènent aux loges, on croise gardes du corps ou grandes gigues sublimes perchées sur des talons échasses, un joueur d’accordéon, des évaporés, des rousses incendiaires, un contorsionniste, des créatures à la gueule gouailleuse, Bella Hadid et Béatrice Dalle. Une couturière avec, entre les mains, un vêtement chef-d’œuvre, ou Rossy de Palma, coiffée de coquelicots et d’un chignon éventail, cherchant son habilleuse pour enfiler son corset mi-tutu, mi-robe de flamenco, et Boy George, Mylène Farmer, Catherine Ringer, Amanda Lear, Farida Khelfa, Antoine de Caunes, tous les compagnons de route et de défilés. Des mannequins, il y en a partout. C’est un joyeux bordel, sans stress, que des sourires. Ils sont tous beaux, majestueux et dingues. Derrière l’épais rideau de la scène, la rumeur des invités s’élève. Tout à l’heure, ils seront plus de 1 500. Le bal s’ouvre par une procession funèbre. Ce sont les obsèques de la haute couture qu’on célèbre, cercueil avec obus coniques porté par des croque-morts(...)


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