Journal d'une vigneronne non-confinée : “On doit répondre aux demandes de la nature”

Alice Pfeiffer
© Julien Gérard-Maizières

Après avoir passé trois semaines isolée à Paris, j’ai rejoint mon frère en Champagne. Nous avons un domaine familial depuis six générations,  Loriot-Pagel, où nous produisons notre propre champagne et sur lequel je suis vigneronne.

“La vigne n’est pas confinée !”

Je suis retournée travailler car on avait du travail dans les vignes : la vigne, elle, n’est pas confinée ! Il avait fait très beau pendant ce mois-là, les feuilles avaient poussé beaucoup plus vite que d’habitude et les bourgeons avaient commencé à éclore. Il fallait passer à la phase d’ébourgeonnage, où l’on enlève les grains qui ne vont pas donner de fruits, pour ne pas fatiguer la vigne. Il n’y a pas de chômage technique dans notre métier puisqu’on dépend de la nature, qui impose son propre rythme.

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Dans toute la chaîne de travail et de production, on a mis des gestes barrières en place. Chacun va à la vigne avec son propre véhicule, le voisin de ligne est à deux mètres. On porte un masque et on se désinfecte les mains lors de la mise en bouteille – à chaque étape du processus, nous respectons les distances.

“On s’est demandé s'il fallait solliciter les

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