Julien Gosselin : “J’aurais pu tout acheter dans cette librairie”

Fabienne Arvers
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“Il y a deux librairies que j’ai peu visitées, mais chaque fois à des moments importants. Toutes deux sont tenues par des gens assez rugueux et sûrs de leurs goûts littéraires. Ces jours-ci, j’entendais à la radio une libraire défendre les librairies en disant que c’était des espaces extrêmement démocratiques, au sens où tous les goûts pouvaient y être représentés. Or, ce n’est pas ce que je cherche dans les librairies. Ce que j’aime justement, c’est trouver des libraires radicaux, qui font leurs choix et qui ne me laissent pas du tout chercher le livre que j’étais venu trouver. Au contraire. Au fond, il y en a peu comme ça en France.

Je me souviens d’une librairie que j’avais visitée il y a un peu plus de dix ans. J’étais jeune acteur et j’allais monter Les Particules élémentaires quelques mois plus tard. Je jouais dans un spectacle à Tulle, en Corrèze. Le matin de la représentation, je faisais un tour dans la ville et je suis tombé sur cette librairie. Le libraire était une sorte de mec très désagréable qui fumait à l'intérieur et qui m’avait dit : “Ah, vous êtes metteur en scène. Qu’est-ce que vous allez faire ?” Je lui réponds : “Houellebecq.” Il s’est foutu de ma gueule vraiment violemment en me disant que Houellebecq, c’était nul, ça n’avait aucun intérêt. Sa librairie était à moitié composée de livres des éditions Verdier et il a vraiment été important pour moi parce qu’il m’a dit : “Vous devriez lire Pierre Bergounioux, Pierre

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