Juliette Binoche : « Ma mère a été mon héroïne »

Anne Michelet

Irrésistible dans « la Bonne Epouse », de Martin Provost, Juliette Binoche nous épate une nouvelle fois. Lumineuse, passionnée et sincère, elle est décidément très inspirante !

Après #MeToo, ce film permet de voir le chemin parcouru par les femmes…
Juliette Binoche - Il permet de comprendre d'où vient ce désir de sortir d'un carcan, d'une éducation, d'idées reçues qui étaient très réductrices il n'y a encore pas si longtemps. C'est diffcile aujourd'hui d'imaginer qu'il existait mille institutions ménagères pour jeunes filles en France, et la dernière n'a fermé qu'en 1970. Je me souviens, dans le Loir-et-Cher, à la fin des années 70, il y avait au sein du collège des classes spécialisées pour filles avec cuisine et couture. Je ne suis pas contre ces classes-là, mais elles devraient être mixtes ! L'envie de réduire le pouvoir des femmes dans l'histoire de France ne date pas d'hier non plus. La mort d'Aliénor d'Aquitaine, en 1204, a marqué un tournant, je crois : ses mariages et ses divorces n'ont certainement pas plu ! C'est important parfois de revenir à l'Histoire pour comprendre. La loi salique excluait déjà les femmes du partage des terres à la mort du propriétaire, mais, au début du xive siècle, des juristes de la dynastie des Capétiens ont interdit aux femmes la succession à la tête du royaume de France. Et je pense qu'aujourd'hui cet éloignement est encore marqué dans les inconscients, car pourquoi n'avons-nous pas eu une femme à la tête de notre gouvernement ? C'est intéressant et capital de savoir que le mouvement #MeToo ne vient pas de nulle part.

Connaissiez-vous l'existence de ces écoles...

Lire la suite sur Femina.fr

A lire aussi